17 novembre 2008

Pourquoi j’ai aimé le Quatre Quarts du PS ?

4 quarts.jpgDécidément, je suis vraiment anticonformiste !

 

Ce week-end s’est déroulé le 75ème Congrès du Parti Socialiste à Reims. J’ai suivi les débats sur trois jours avec la plus grande attention et je reste assez surpris des commentaires journalistiques qui ont suivi la fameuse « nuit des résolutions » qui n’a abouti à aucune synthèse entre les quatre grandes motions arrivées en tête à la suite du vote des militants.

 

Les journalistes, l’UMP et le MoDem n’ont pas boudé leur plaisir en observant les mines déconfites des délégués présents à Reims. C’était certainement un grand moment de plaisir qu’ils ont pleinement savouré. Pourtant à l’inverse, le socialiste-libéral que je suis s’est trouvé rassuré (réellement) par les échanges souvent vifs qu’ont donnés les tenants des différentes motions.

 

Rassuré car ce Congrès a permis à de nombreux français de gauche ou à des militants distants (comme moi) de prendre conscience que le PS n’était pas mort et que ses militants ont pris la mesure des enjeux qui s’imposent aujourd’hui à la France.

 

Le principal point d’achoppement était resté coincé sur la question des alliances, c’est bel et bien deux voies majoritaires qui se sont affrontées ce week-end. L’une d’elle portée par Martine Aubry d’un ancrage résolument de gauche s’accompagnant d’un vrai parti de militants, l’autre porté par Ségolène Royal orienté sur une ouverture plus large du PS et tenu par un parti dit de masse.

 

La question de l’alliance directe avec le MoDem n’étant qu’un pare-feu, puisque chacun sait qu’en dehors des enjeux nationaux, les alliances locales se concluent en fonction des réalités du terrain.

 

Rassuré toujours d’entendre Martine Aubry parler de cette réalité vécue partout en France qui fait que les français, pris par le doute, étranglés par la baisse de leur pouvoir d’achat et acculés à un individualisme devenu règle première, ne sont même plus en mesure de faire entendre leur voix en renonçant à toute envie de combattre certaines dérives, même quant celles-ci touchent de près leur propre condition.

 

Rassuré enfin d’entendre Ségolène Royal –avec qui j’ai souvent du mal- et Manuel Valls ou Vincent Peillon, en appeler au sursaut de ce Peuple de gauche condamné au silence, de cette France métissée et multiculturelle qui entend être respectée dans sa différence, dans ces jeunes (pas seulement des banlieues) qui par faute de ne pas être bien nés doutent de cette France qui ne leur fait pas confiance.

 

Il n'y a pas eu de synthèse à Reims et c'est une bonne nouvelle ! Entre un mauvais compromis et un vote direct des militants, il n'y a pas lieu de chercher d'autre manière de trancher définitivement un débat !

 

Oui, même un socialiste-libéral assumé comme je le suis trouve son compte dans le Quatre-Quarts ! Les débats parfois houleux ou les sifflets faciles lors de ce Congrès attestent que les militants socialistes cultivent leur diversité et refusent le conformisme de la pensée unique.

 

C’est signe de bonne santé ! C’est également la preuve que les choses ont changé. C’est la confirmation que les instincts et les convictions profondes se réveillent. Oui, la gauche et la droite ce n’est pas la même chose ! Ensemble tout devient possible…..à condition de ne laisser personne sur le bord de la route.

 

Puisque beaucoup sont tentés de se trouver une nouvelle famille par opportunisme ou de retrouver la sienne, plus naturelle, par confort….je m’en vais retrouver mon propre foyer.

 

Régis Sada

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