10 novembre 2008
Pourquoi il y a trop de commémorations militaires en France ?

La question a été posée par le Gouvernement à l’Historien André Kaspi : « Les cérémonies militaires du souvenir sont-elles trop nombreuses ? ».
Les français seraient-ils devenus ingrats ? Non, bien entendu. Pourtant, je me suis souvent posé la question de savoir si notre pays n’avait pas tendance à mélanger un peu trop un patriotisme débordant de façade au détriment de son Histoire contemporaine.
Comment peut-on permettre aux nouvelles générations d’écrire les nouvelles pages de son Histoire si on lui impose un nécessaire devoir de mémoire, d’un temps que les français de moins de soixante ans ne peuvent pas connaître ?
Pour les gens de ma génération (les trentenaires dépressifs), la pression du devoir de mémoire s’est exprimée sur trois périodes spécifiques : les deux dernières guerres mondiales et la guerre franco-française de Mai 1968….
l semble que le rapport de l’Historien réponde positivement à cette interrogation puisqu’il demeure favorable au maintien des seules célébrations du 8 mai, du 11 novembre et du 14 juillet. Il souligne que les commémorations liées à la Seconde Guerre mondiale (notamment) font l’objet d’un nombre exagéré.
En dehors de cela, les encyclopédies et autres ouvrages sur notre glorieuse Histoire étaient tout justes bon à être jeté au pilori. Nous avons été contraints de subir la vénération de ces périodes tragiques et pour ceux qui ont osé moufter un peu trop la riposte était sèche et violente : « Si t’avais connu ça » ou « De mon temps on n’aurait jamais osé » !
OUI, il faut tourner la page de ces excès de patriotisme qui tuent le patriotisme…. OUI, il faut rouvrir nos livres d’Histoire et permettre à de nouveaux acteurs d’y inscrire leur nom. Oui, il faut laisser les jeunes en paix avec une conscience qui leur dicte qu’ils ne sont pas responsables des ravages du passé. OUI, il ne faut pas instrumentaliser le souvenir des héros du passé pour justifier le refus de construire l’avenir.
Ni mon grand-père envoyé de force en Allemagne pour le STO et encore moins le second, déporté à Dachau, ne me reprocherons de prendre le parti de tourner la page.
De là où ils sont, ils savent que leurs petits-enfants ne sont pas de honteux ingrats. De là où ils sont, aux côtés de toutes celles et de tous ceux qui se sont battus pour restaurer et nous offrir la liberté, ils savent que nous ne les avons pas oublié et que nous ne les oublieront jamais.
Le temps est venu de laisser nos courageux aînés entrer dans l’Histoire pour nous permettre de construire ensemble la France de demain.
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| Tags : france, commemorations, souvenir, politique |
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