01 septembre 2008

Pourquoi le PS se perd dans ses divisions ?

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Chacun son Université d’Eté ! Pour moi cette année c’était celle du MEDEF, et pour certains sociaux-libéraux c’était celle du Parti Socialiste à La Rochelle. Si les deux Universités n’ont guère retenu l’attention des medias, elles ne manquent pas d’être commentées. Un éclairage important à quelques semaines du Congrès de Reims où l’on constate que le PS reste prisonnier de ses divisions.

 

Aurons-nous encore le droit à une synthèse boiteuse comme au Mans en 2005 ? Si tel est le cas, les militants socialistes ont beaucoup de souci à se faire sur l’avenir d’un parti en panne d’idées et de conviction.

 

Marc d’Héré – Les socialistes au lendemain de La Rochelle

 

Le Parti socialiste a donné à La Rochelle un édifiant spectacle de divisions et de combines. Les observateurs soulignent très justement ce fait, je n’y reviendrai pas,  mais j’essaierai d’aller plus loin dans l’analyse et de décrire, telle qu’elle m’apparaît, la situation réelle des forces et des leaders au sein du parti, au lendemain de ce week-end.

 

Bertrand Delanoë d’abord, qui devait être le grand triomphateur de cette université, ne l’a manifestement pas été, et a donc subi un, relatif, revers. Dans le combat qu’il mène et qu’il a  officiellement annoncé, pour conquérir le parti, il a trouvé peu de soutiens et ceux qu’il semble avoir obtenu évoquent davantage l’archaïsme que la rénovation, le passé que l’avenir  (Jospin! Guigou, Hollande…).  Dépourvu de convictions, ne sachant trop quelle sera la meilleure ligne pour lui, il godille, évoquant l’héritage de Mitterrand (toujours le modernisme !), la fidélité à l’Union de la Gauche (une idée neuve il y a 40 ans), le refus ambigu de l’alliance avec Bayrou, la défense d’un libéralisme qu’il définit mal, et nouveauté des nouveautés, l’écologie, ce qui doit éberluer les écologistes parisiens, qui savent le mal qu’ils ont à faire passer leurs idées à l’Hôtel de Ville….Hier soir, sur la 2, répondant aux questions particulièrement complaisantes de Marie Drucker, il a donné un bel exemple de langue de bois et de vide…

 

Ségolène Royal, elle, confirme qu’elle disparaît peu à peu du film. De passage à La Rochelle, elle a lancé à quelques militants en  extase un « Aimez-vous les uns les autres », particulièrement bien adapté à la situation, avant de disparaître pour éviter tout débat. Elle garde des groupies fanatiques, beaucoup même, mais ne bénéficie plus d’aucun soutien de poids dans le parti. Peillon, Rebsamen et Bianco, qui aux dernières nouvelles la soutenaient encore plus ou moins, se font d’une discrétion inhabituelle…Pour le premier secrétariat, je crois qu’on peut l’affirmer, Royal c’est fini !

 

Echec du couple médiatique Delanoë-Royal, réussite de Martine Aubry. Sans y toucher, elle s’impose au centre du jeu (je me permets de rappeler que je l’avais annoncé le 11 juillet sur ce blog). Ses soutiens vont, semble t-il, de Mauroy à Fabius en passant par Cambadélis, Montebourg (qui ont du soir au lendemain abandonné Moscovici), les fédérations du Nord et du Pas-de Calais…Elle ne dit rien non plus, sinon que le PS doit se mettre au travail, mais elle le dit avec autorité. Et son prestige est toujours grand auprès des militants, qui lui sont reconnaissants (les militants PS sont des gens bizarres !) d’avoir imposé les 35 heures, responsables pour une grande part de leurs défaites. Aujourd’hui c’est sans doute elle la mieux placée pour devenir « Premier secrétaire », d’autant qu’elle pourrait bénéficier in fine, du soutien de la prétendue gauche du parti (Hamon, Emmanuelli, et peut-être même, ce qui fait rêver, Mélanchon et Lienneman….).

 

Pour les autres, si  Dray, est éliminé de la course, comme Le Branchu, Pierre  Moscovici, trahi par Cambadélis et Montebourg, mais bien entouré par le courant presque « social libéral »  du PS (Gérard Collomb, Valls, la fédé des Bouches du Rhône), garde une petite chance et pourra peut-être jouer les arbitres…

 

Si j’essaie de me projeter encore davantage dans l’avenir, en sachant que c’est bien risqué, je dirais que Martine Aubry sera Premier secrétaire. Elue difficilement et otage de la partie archaïque du parti (la gauche Emmanuelliste  et quelques sociaux démocrates version 36-45), soumise au feu roulant des critiques, fraternelles, de ses camarades et collègues dirigeants , elle ne pourra pas rénover le parti. Rien d’important ni de courageux ne  se fera et c’est un parti toujours sans projet, et perclus de divisions, qui choisira en 2011 son candidat pour la Présidentielle. Ils seront certainement plusieurs à vouloir tenter leur chance et à tout faire pour barrer la route des autres : Aubry, bien sûr, Royal ça va de soi, même si, déconsidérée elle ne sera plus vraiment dans la course, Delanoë qui continuera à chercher sa voie, en regardant dans les yeux, les Françaises et les Français, Hollande qui ne pense qu’à ça depuis 15 ans, Fabius, dans le même cas depuis 30, Moscovici que sa défaite pour le premier secrétariat aura délié de son serment de n’être pas candidat, peut-être aussi DSK, s’il revient de Washington, ce qui est peu probable mais pas impossible, et pourquoi pas un ou deux autres….

 

Difficile de trouver le futur lauréat dans cet amas de  candidats qui diront  tous à peu près la même chose, et  ne défendront aucune idée nouvelle. J’avoue ne pas pouvoir me prononcer même si, connaissant l’habileté de Hollande (plus libre qu’en 2007) et le talent de communicateur de Delanoë, je ne serais pas surpris que cela se joue entre eux deux ! Tant pis, alors pour le socialisme et le PS….Mais je peux me tromper.

 

Marc d’Héré

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