30 juin 2008
Pourquoi le NPA d’Olivier Besançenot sème le trouble à gauche comme à droite ?
Vendredi dernier j’ai lancé presque comme une boutade un : Pourquoi Olivier Besançenot peut devenir le cauchemar de la gauche ? Je ne me doutais pas que ce week-end serai l’occasion de voir déferler des craintes et des peurs partagées de gauche à droite de l’échiquier politique.
Palme de la clairvoyance : le Député PS Pierre Moscovici qui annonce sans rire que le PS laisse trop d’espace à Besançenot et à son futur Nouveau Parti Anticapitaliste en ces termes : "Je crois que nous laissons trop d'espace à Olivier Besancenot, je pense que nos divisions, les querelles de personnes, ce côté 'moi d'abord' permettent à Olivier Besancenot de prospérer", appelant les socialistes "à retrouver une logique collective, une logique de travail". "Si nous sommes une bonne gauche, si nous répondons aux besoins de gauche (...), je crois qu'à ce moment-là il n'y aura pas la même place pour Besancenot et que le débat démocratique se fera, comme c'est normal dans une grande démocratie, entre les forces de la droite conservatrice et celles de la gauche social-démocrate".
Sans le dire, certains ténors du PS s’inquiètent de voir leurs militants qui se radicalisent un tantinet, fuir vers ce nouveau mouvement qui se présente comme le premier volontairement opposé à la droite de Nicolas Sarkozy.
Palme de la facilité : le Président du Groupe UMP à l’assemblée Nationale Jean-François Copé qui, en panne d’inspiration tente la manœuvre douteuse de la diabolisation de Besançenot. L’apparition dans les rangs du jeune facteur de Jean-Marc Rouillan un ancien d’Action Directe (organisation terroriste de gauche dans les années 80). Copé ne mâche pas ses mots et compare l’action de Besançenot à celle de Jean-Marie Le Pen il y a 20 ans : "la gauche de la gauche est en train d'utiliser la même stratégie que Jean-Marie Le Pen à l'extrême droite il y a 20 ans", poursuit par "ne reculant jamais devant aucune provocation", a-t-il ajouté en citant celle "qui consiste à accueillir à bras ouvert M. (Jean-Marc) Rouillan" et termine par "Il a certes payé sa dette à la société, mais le lancement de la gauche de la gauche par Besancenot avec Jean-Marc Rouillan, ça fait froid dans le dos".
Sympathique le Jean-François de prévenir du danger imminent qui menace les français. Vu le recyclage fait par l’UMP de quelques anciens notables du FN et de sa capacité à présenter certains de ses candidats aux élections alors que ces derniers ont été condamnés à des actes divers, non vraiment, merci c’est gentil de penser à nous !
Mais la Palme de l’inventivité et de l’humour : revient à l’hebdomadaire Marianne qui titre « Besançenot au pays des bobolchéviques ! ». Il essaye de dresser un panorama précis de ce qu’il représente comme une expérience chimique qui mêle des mouvances d’extrêmes-gauches aux bobos bon teint souvent déçus du PS.
Marianne n’hésite pas à donner un nom au NPA….en le jugeant comme un Nouveau Parti Anti-PS ! revue de presse : « Que faire (comme dirait Lénine) de cette grande soupe, populaire, idéologique ? «Il faut créer», répond Olivier Besancenot. Plus pragmatique, Alain Krivine se satisfait du «nécessaire flottement» à cette étape intermédiaire de la naissance du Nouveau parti. «La Ligue va proposer une plate-forme, une base sur laquelle on pourra élaborer ensemble le programme. Et puis on organisera des ateliers de formation quand le Parti sera constitué, pour donner quelques outils idéologiques aux nouveaux adhérents», détaille Krivine. Le réseau très structuré de la LCR parviendra-t-il à encadrer la spontanéité des uns et la radicalité des autres ? Pour Alain Krivine, l'essentiel est que «la Ligue ne fasse plus peur aux jeunes». De ce point de vue, c'est réussi. Les trotskystes espèrent ainsi profiter de la brèche ouverte par un PS en crise. Point commun de chaque intervention : une gifle défoulatoire à la «gauche libérale». Mais si on sait contre quoi on se bat, reste à définir ce qu'on veut. Prochain grand rendez-vous : janvier prochain. Date de création officielle d'un parti dont on ne connaît toujours ni le nom, ni vraiment le visage… ». Libération lui se contente de parler d’une simple « mayonnaise » qui veut monter….
Une affaire qui s’avère intéressante à suivre, tant les français ont déjà exprimé en plusieurs occasions qu’ils souhaitaient plus que jamais reprendre le pouvoir sur l’hégémonie des partis. Si ces derniers participent à la vie de la Nation, ils sont souvent des facteurs qui ne permettent pas aux français d’entrevoir la stabilité dans leur vie de tous les jours.
Régis Sada
12:34 Publié dans Pourquoi politiser ? | Lien permanent | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : besancenot, lepen, lcr, npa, copé, ump, moscovici







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