26 juin 2008

Pourquoi le MEDEF et le Ministère de la Justice misent sur la réinsertion professionnelle des détenus ?

logo medef.jpgDébut juin, la Ministre de la Justice Rachida Dati avait présenté son projet de loi de réforme pénitentiaire qui a été largement contesté, tant les mesures annoncées se présentent comme des « arlésiennes » qui voient rarement une application concrète dans les prisons de notre pays. Ce n’est pas une nouveauté, nous y avons droit à chaque changement de majorité à l’assemblée Nationale.

La presse nous gratifie de faits sensationnels mais oublie souvent d’informer sur les initiatives intéressantes. Récemment, une est passée totalement inaperçue alors qu’elle peut contribuer à améliorer les conditions de vie et de réinsertion des détenus.

Le 28 mai 2008, la Présidente du MEDEF Laurence Parisot et la Ministre de la Justice Rachida Dati étaient réunies à la Maison d’Arrêt de Villepinte pour la signature d’un protocole d’accord national sur la réinsertion des détenus.

Ce protocole engage les deux intervenants sur les principes suivants :

1/ susciter l’intervention en milieu carcéral des responsables d’entreprises afin de mener des actions d’information sur les entreprises et les métiers auprès des détenus.

2/ favoriser la préparation à la sortie des personnes placées sous main de justice qui bénéficient d’un aménagement de peine par la mise en œuvre de contrats de professionnalisation, dont l’objectif est de favoriser l’insertion ou la réinsertion des jeunes et des demandeurs d’emploi en leur permettant d’acquérir une formation professionnelle.

3/ contribuer à la réinsertion professionnelle durable des personnes sortant de prison.

A travers ses antennes territoriales, le MEDEF a la possibilité de mettre ses entreprises adhérentes (et intéressées par la démarche) en relation avec l’ensemble des établissements pénitentiaires du territoire. Ceci permettra de dresser un inventaire précis du nombre de détenus qui souhaitent (ou à qui l’on propose) une réinsertion professionnelle, de déterminer les secteurs d’activités demandeurs, de repérer le nombre de postes possibles et d’assurer un suivi de formation entre les entreprises et les détenus.

Cette initiative va dans le bon sens et mérite d’être appuyée car elle vise à lutter efficacement contre la récidive. Aujourd ’hui, si le taux d’illettrisme dans les prisons est encore beaucoup trop élevé (12,30 % en 2006) et que pas moins du quart des détenus suivent un enseignement régulier, les formations qualifiantes étaient restées le parent pauvre. Les emplois extérieurs étant souvent réservés à des détenus de bonne conduite et en fin de peine.

Sans formation professionnelle et sans entreprise qui donne une chance au détenu à sa sortie, c’était un retour rapide, voire logique, vers l’exclusion et la précarité qui sont souvent responsables de la récidive.

Ce dispositif ne résoudra pas tous les problèmes mais pourra contribuer à une reprise de confiance en soi pour nombre de détenus (ou d’anciens détenus), tout en leur permettant de retrouver un semblant de dignité. De plus, cela aura très certainement un impact positif sur le « climat » souvent explosif dans certains établissements.

Chacun sait que le chômage est un facteur de nivellement vers le bas de notre société, qui contribue à la désespérance sociale et conduit certains à la délinquance.  Il est donc nécessaire de tout mettre en œuvre pour le réduire et de donner à tous les moyens de construire sa vie professionnelle.

Bravo au MEDEF et au Ministère de la Justice. Parfois  : ensemble tout devient possible…..   

Régis Sada

Témoignages de formateurs dans les prisons

Etudier en prison sur Animafac

"Les détenus à l'école" dans l'Express

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