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14 novembre 2007

Pourquoi j’hésite à m’engager dans Gauche Moderne ?

e17299c7bb2f310a82969940c13c0a45.jpgFin novembre 2007, Jean-Marie Bockel –Secrétaire d’Etat à la Coopération- lancera officiellement son nouveau parti Gauche Moderne. A l’heure de l’ouverture voulue par le Président de la République Nicolas Sarkozy, le pôle social-libéral de gauche disposera d’une structure s’inscrivant clairement dans la majorité présidentielle.

Lors du Congrès 2005 du Parti Socialiste, j’ai défendu la seule motion à mes yeux capable de sortir de ce parti de la dangereuse tendance à s’opposer sans être en mesure de proposer une nouvelle orientation politique. Cette motion 4, présentée par Jean-Marie Bockel portait le nom de : « Pour un parti social libéral ». Vous vous doutez bien qu’au sein d’un PS voué à se réformer ou à disparaître, une telle dénomination avait fait bondir plus d’un « vrai » militant gardien de la doctrine et de la bonne conscience de gauche.

Aujourd’hui lancé dans la campagne des municipales à Puteaux sous une bannière indépendante, et donc en marge du PS que j’ai quitté de facto et sans le moindre regret, je me retrouve orphelin politique, privé d’une structure où je me sente à l’aise dans mes idées et dans mes possibilités de convergence. Car à la différence de certains militants –quelle que soit leur obédience- si je reste ouvert à discuter de tous les sujets sans tabous et à envisager des « fronts communs » sur des sujets précis, je refuse de renoncer à certains principes en m’alliant à des personnes (ou à ce qu’il représente) dont je ne partage en rien les pratiques ou la philosophie.

Du point de vue de mes idées politiques, cette année 2007 aura été aussi révélatrice que destructive ! Les scrutins présidentiels et législatifs m’ont fait prendre conscience brutalement, que la gauche n’était plus vraiment de gauche et la droite toujours très à droite mais avec quelques nuances parfois… Pour résumer ma pensée, je répète à qui veut bien l’entendre : « Si je sais pourquoi je n’ai pas voté pour Nicolas Sarkozy, je ne sais toujours pas pourquoi j’ai voté pour Ségolène Royal au deuxième tour de la présidentielle ! ». Heureusement, François Bayrou était candidat au premier…

Si le constat est fait, le choix reste quant à lui encore incertain :

01a67a4642641a68e83602fd1f7e6e23.jpg- J’ai renoncé à croire à un PS réformé et rénové, aidé par les prestations de ses dirigeants aux abois et le comportement effrayant de quelques iconoclastes putéoliens. A mon sens, il est condamné à se diriger ENFIN vers la sociale-démocratie ou à disparaître dans les prochaines années.

- Les Verts ont toujours tenu un discours légitime à mes yeux mais le fonctionnement interne du mouvement ne me sied guère. C’est regrettable car c’est certainement le parti qui reste le plus fidèle à ses écrits.

- Le MODEM me parait encore fragile, et même si François Bayrou tient le cap de son discours de la Présidentielle , ses élus ne semblent pas vouloir lui donner toutes les clés pour achever ses desseins.

Reste donc Jean-Marie Bockel et son nouveau mouvement : Gauche Moderne…

Sur l’homme, je ne reviendrai pas sur mon jugement premier. Je reconnais le courage de Jean-Marie Bockel dans sa tentative de faire vivre une pensée « sociale libérale » au sein du PS. Je comprends aussi les raisons qui l’ont poussé à renoncer au bout de toutes ces années, dans un appareil sclérosé et vérolé de l’intérieur et devant le discours de ses dirigeants qui ne sont plus l’ombre que d’eux-mêmes. Le PS n’est pas en rénovation, il est en décomposition !

Sur les idées, il n’y a pas d’opposition. Sur la base de celles énoncées dans la motion 4 de 2005, je partage l’intégralité des positions qui y étaient défendues. Des positions courageuses, audacieuses et qui relevaient le défi de la modernité. Ces idées méprisées alors par les socialistes seront pourtant celles qui ont fait gagner Nicolas Sarkozy en mai dernier ! Tout est question de méthode…. Les socialistes ont été lâches et ils l’ont payé au prix fort.

Alors Gauche Moderne, me direz-vous ?

L’ouverture ? J’y suis largement favorable ! Car je reste convaincu que nous n’avons jamais raison seul et que c’est dans la confrontation des idées que l’on progresse sur tout et pour tout le monde. Accepter le principe du compromis ne veut pas dire accepter la compromission. Je reste un grand admirateur des coalitions qui existent en Allemagne ou en Scandinavie. C’est aussi la possibilité unique de ramener des citoyens fâchés avec les appareils vers le débat politique. Oui à l’ouverture dans le respect de la diversité des idées.

Soutenir le Gouvernement ? Sur de grandes réformes touchant l’ensemble des français, et du moment que ces lois ou réformes ne vont pas à l’encontre de mes propres convictions, je n’y suis pas opposé. Sur les régimes spéciaux de retraite : OUI. Sur l’instauration de tests ADN : NON. Etre membre d’un parti ne veut pas dire renier son sentiment personnel. Le rôle d’un élu n’est pas de satisfaire ses amis politiques, mais de respecter le mandat que ses électeurs lui ont confié. Les citoyens respectent la liberté de pensée et défient le manque de courage et les béni-oui oui. Chacun doit assumer ses responsabilités en faisant les meilleurs choix pour la France et pour les français.

Nicolas Sarkozy ? C’est sans doute sur ce point que je reste très septique et où je demande à Jean-Marie Bockel de tenir un discours de vérité et d’action. En effet, le Président de la République à vanté les vertus de l’ouverture et il a globalement réussi là où les autres avaient échoué. Chirac a dissous la droite en 1997, Sarkozy a dissous la gauche en 2007 ! Si Nicolas Sarkozy entend changer les pratiques politiques, je le soutiendrai à condition qu’il commence à changer les siennes. Il devra expliquer pourquoi il apporte son soutien à Joëlle Ceccaldi-Raynaud à Puteaux ou refuse de présenter un candidat face à Christian Vanneste dans le Nord…

A Puteaux, si les militants de base de l’UMP ou du MODEM regardent avec une bienveillance particulière le travail mené par l’équipe de Christophe Grébert, je me vois mal faire ami-ami avec une Joëlle Ceccaldi-Raynaud –soutenue par Nicolas Sarkozy- qui entend conserver un dû qui ne lui appartient pas et qui reste condamnée pour avoir laissé insinuer des propos diffamatoires contre l’un de ses administrés !

0c67cda6331263d0c68492823059c05e.jpgNon vraiment, cher Jean-Marie Bockel, il y a des limites que je ne franchirais pas ! OUI à l’ouverture, OUI à la modernité, OUI à la discussion mais NON au renoncement et aux petits arrangements entres-amis. Je ne vendrai pas mon âme au diable pour glaner quelques voix ou un poste quelconque. J’ai vécu cette plaie au sein de la section socialiste de Puteaux, ce n’est pas pour renouveler l’expérience ailleurs… Le jeu n’en vaut pas la chandelle et je souhaite pouvoir continuer à regarder ma famille droit dans les yeux.

Je souhaite rester fidèle à mes convictions, à mes valeurs et à mon sens de la probité. Aussi, si je me sens proche des fondements de Gauche Moderne, j’ai besoin de clarté et de transparence dans les orientations prises par ce nouveau mouvement. La vie politique française doit être assainie de ses plus mauvais éléments. C’est aux partis politiques de présenter et de soutenir des candidats propres. La démocratie française à été mise en péril par les pratiques et les propos immoraux de quelques élus honteux.

A cela, Gauche Moderne et son futur Président Jean-Marie Bockel, doivent apporter un éclairage précis.

Régis Sada