19 juin 2007

Pourquoi Jean-Marie Bockel est entré au Gouvernement ?

f6c272743ab2e7e3329a7b2b742870a0.jpg Cohérence et courage politique pour les uns, trahison pour les autres, la nomination de Jean-Marie Bockel au poste de Secrétaire d’Etat à la Coopération et à la Francophonie , semble déchainer les plumes revanchardes à droite comme à gauche.

Du côté de l’UMP de Mulhouse (où Jean-Marie Bockel est Sénateur Maire), c’est l’amertume et le ressentiment qui règnent. Cette nomination n’est pas du gout de sa challenger UMP qui l’avait battu en 2002 aux élections législatives. Elle prend cette nomination comme un affront et une trahison de la part de Nicolas Sarkozy.

Du côté du PS, le choix personnel de Jean-Marie Bockel attire les foudres de quelques caciques socialistes (notamment du MJS pro-Fabius) et le commentaire acerbe de François Hollande : « Jean-Marie Bockel s’est mis en dehors du PS et a toujours représenté la droite du PS, la droite tout court désormais ! ». Un rien revanchard…

09226294293f50dac3e91fec5d2de725.jpgChez mes amis socialistes-libéraux, cette annonce n’est pas vraiment bien accueillie, surtout à quelques jours de la création de l’association Réformisme & Rénovation, soutenue depuis ses débuts par Jean-Marie Bockel, et qui rallie tous les militants socialistes qui n’entendent pas relayer le message uniforme envoyé par Solferino depuis 2002.

Je ne doute pas qu’au sein de ma propre section PS de Puteaux, certains ne résisteront pas à l’envie de me lancer quelques railleries sur la trahison du « félon » et sur le fondement des valeurs que j’essaye de défendre auprès d’eux. Je suis rassuré dans le fait que ces railleries trouveront leur source auprès de certains de mes camarades qui placent l’intérêt supérieur de l’appareil socialiste, bien avant celui d’écouter les français et de relayer leurs attentes auprès de ce même appareil ou d’exprimer la force de leur conviction personnelle.

Pour ma part, je suis satisfait que les qualités et les compétences de Jean-Marie Bockel trouvent enfin un écho et qu’elles puissent s’exercer auprès des français. Il dit lui-même qu’il a tenté désespérément de faire entendre sa partition au sein du PS surtout dans les dix dernières années, et qu’il exprime ainsi sans doute un sentiment de lassitude devant le manque de discernement de ses futurs ex-camarades.

Je n’ai qu’un seul regret, que tous les gens de talent comme Bockel et Kouchner n’aient pas réussi à trouver leur place dans un appareil socialiste empêtré dans ses propres contradictions. La gauche a besoin de ces personnes et Nicolas Sarkozy à bien compris son intérêt de leur offrir un tel pont d’or. C’est une chance gâchée pour le PS et pour la gauche.

Si ces « ralliements » mal vécus au PS peuvent l’aider à dresser un bilan et inscrire ce parti sur la voie de la rénovation, cela ne peut être que salutaire.

En s’attardant sur cette nomination, certains démontrent une nouvelle fois qu’ils n’ont pas grand-chose d’autre à dire. Les français attendent que la nouvelle majorité et la nouvelle opposition travaillent. Au PS désormais de prouver qu’il est capable d’offrir des propositions concrètes aux français, plutôt que de s’enfermer dans une obstruction systématique et destructrice.

Régis Sada