13 juin 2007
Pourquoi la maison PS brûle-t-elle ?
Presque comme par habitude, la belle unité affichée au lendemain de l’élection présidentielle par les ténors du Parti Socialiste, n’aura pas résisté longtemps au Tsunami bleu qui menace de déferler dimanche soir à l’assemblée Nationale.
En pomme de discorde unitaire : le cas du Modem, au lendemain de la réprobation du Bureau National du PS sur la conduite de son ex-candidate Ségolène Royal, qui a osé laisser un message « d’ouverture » sur le portable de François Bayrou.
Le seul message positif émis par un petit ténor est à mettre à l’actif du Maire d’Evry, Manuel Valls, qui ne souhaite pas voir sombrer le socialisme avec les socialistes…
Reconnaissons une chose : si Jacques Chirac avait réussi à dissoudre la droite en 1997 (et 2002), Nicolas Sarkozy lui, a dissous la gauche en 2007 !
Quelle position le PS doit-il adopter pour survivre au géant UMP qui a tout englouti en quelques semaines ?
Réformer et reconstruire le PS certes, mais les français ont visiblement insisté pour que cette gauche ne se contente plus de ses thèmes habituels.
Si à gauche, la centralité du PS dans une bipolarisation de l’échiquier politique est évidente, une évidence est mise au jour : cette centralité doit voir l’avènement d’une gauche utile, moderne, adaptée aux enjeux et qui reflète les aspirations du Peuple….et pas seulement du Peuple de gauche noyé dans la masse.
La réformation et la rénovation du PS ne suffiront pas à assurer sa survie dans les prochaines années. Si un risque d’implosion existe, le PS ne pourra pas faire l’économie de ratisser large en créant un UMP….de gauche !
Le trait de génie de Nicolas Sarkozy c’est d’avoir d’abord rassemblé sa propre famille politique en lui donnant des gages sur la politique qu’il souhaitait mener, et d’avoir ensuite dirigé son discours vers un électorat plus populaire. Il ne s’est interdit aucun sujet et à levé tous les tabous….Pendant ce temps là, le PS a regardé passer le train, enfermé dans ses convictions et ses propres certitudes.
Beaucoup parle de réadapter le logiciel de la gauche. Il est évident que l’on ne fait pas tourner la roue du progrès avec des idées du passé….Mais si ce logiciel est calé (ou bloqué) sur certains points, il sera rapidement obsolète et confortera une droite décomplexée qui confirmera sa victoire dans les prochaines années.
La cause principale de l’échec du PS et de la gauche en général, c’est le refus de traiter certaines questions. On ne répond pas à une question ou à un besoin en se contentant de dresser un vague constat. Un sujet se traite en détail et sous tous ses aspects.
La première chance du PS, c’est de disposer en son sein d’une multitude de talents et une diversité d’expériences. Le PS regagnera des scrutins le jour où ces talents et cette diversité, auront enfin l’occasion d’être écoutés et entendus.
La deuxième chance du PS, c’est d’offrir aux français un langage de vérité et d’action. Présenter des candidats ne suffit pas, il faut que les actes suivent concrètement sur le terrain et que le discours soit cohérent.
La dernière chance du PS, c’est d’arrêter de croire qu’il dispose seul de toutes les clés de la réussite et de la vérité. Ses alliés (naturels ou pas) méritent d’être également écoutés et entendus. C’est le sens des choix de Ségolène Royal vis-à-vis du Modem par exemple. Le PS souffre d’une suffisance qui l’éloigne de son électorat.
Tout accepter, ne rien dire ou ne rien tenter, c’est laisser Nicolas Sarkozy et l’UMP paupériser le discours politique et atomiser toute opposition. C’est se rendre complice de la médiocrité portée par quelques ténors socialistes en mal de réélection. Pleurons sur le sort des français qui vont subir une politique bien cerclée. Ne pleurons pas sur quelques Députés battus…qui bénéficieront d’un régime spécial les assurant d’une confortable indemnité durant plusieurs mois. La justice morale c’est ça !
Toutes ces chances additionnées sont la richesse du PS. Cette synthèse là, est salutaire et possible à condition que la base soit prête à remettre l’appareil en question. Etre de gauche ne dispense pas d’être intelligent. Etre socialiste n’empêche pas d’avoir parfois tort.
Pour gagner : il faut aussi le vouloir… A lire et à entendre les propos de certains « camarades » proches, je crains que la maison ne soit déjà en proie aux flammes.
Régis Sada
15:50 Publié dans Pourquoi politiser ? | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : politique, ps, modem, royal, ump, législatives, réformisme et rénovation






