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24 avril 2007
Pourquoi ce premier tour est une réussite démocratique ?
Par ce beau dimanche ensoleillé, c’est un premier tour d’élection présidentielle heureux et instructif qui s’est accompli.
Heureux par un retour massif des françaises et des français aux urnes, accomplissant même après 20H00 leur devoir civique. Après avoir boudé les urnes en 2002, amenant une imposture démocratique au second tour, les français ont sans doute voulu signifier que l’on ne les reprendrait pas à jouer avec leur avenir. Le référendum sur le TCE avait déjà ramené les citoyens à s’impliquer et à choisir avec clarté.
Heureux par une saine défaite du Front National qui le ramène –encore trop haut- à un niveau qui ne lui permet plus de jouer les arbitres. C’est un Jean-Marie Le Pen hors service qui s’est présenté devant les caméras dimanche soir, un poupon brisé à qui l’on a volé son hochet. Les républicains et démocrates de tout horizon, ne peuvent que se satisfaire du retour des électeurs « déviants » vers un choix républicain. Reste à connaître maintenant les conditions qui permettront à Nicolas Sarkozy de les maintenir sous sa coupe.
Heureux par un score faible d’un Philippe De Villiers aussi arrogant que méprisable par ses prises de position sur l’Europe, l’Islam ou l’égalité des droits pour les citoyens homosexuels. Philippe De Villiers a cru pouvoir mobiliser sur son nom et son discours en brandissant pour seule réussite, le constat de son département de la Vendée. Il aura l’occasion d’y passer de longues semaines de repos bien mérité, offrant ainsi aux français un repos tout aussi mérité.
Instructif par l’excellent score réalisé par François Bayrou, qui n’a pas à rougir de sa disqualification au premier tour, puisqu’il détient involontairement les clés du deuxième tour. Par sa stratégie d’un centre indépendant, François Bayrou a réussi l’improbable ralliement de citoyens de droite, de gauche et du centre, lui ouvrant la voie à la formation d’un Parti Démocrate qui pourrai convenir à bien des électeurs soucieux de classer le clivage stérile gauche/droite.
Instructif par la véritable gifle infligée à l’ensemble de l’extrême-gauche n’ayant que pour seul programme, le NON obtenu lors du référendum européen. Ce résultat est également le fruit de la mésentente entre tous ces intervenants, qui n’avaient sans doute pas accepter le fait qu’Olivier Besancenot était le mieux placé pour fédérer et mobiliser leur électorat. Certains électeurs de cette gauche archaïque semblent tentés –a minima- de voter Nicolas Sarkozy au deuxième tour, afin d’espérer encore et toujours des luttes sociales qui accoucheront d’un grand soir qui ne viendra plus jamais.
Décevant en revanche pour Dominique Voynet et les Verts, qui ont subi de plein fouet l’appel au vote utile. Décevant car Dominique Voynet mérite mieux que ce score qui donne l’écologie bien en dessous du niveau de préoccupation des français. Décevant pour cette femme ouverte et généreuse qui entendait porter un message différent, malheureusement passé totalement inaperçu. Une gauche au pouvoir prochainement, ne devrai pas faire l’économie de se passer de son talent et de sa gentillesse qui rassure souvent les français sur le caractère sain de la classe politique.
Plaisant, enfin, par le score obtenu par Ségolène Royal et le Parti Socialiste. Plaisant par son caractère de prise de revanche sur le cataclysme de 2002, qui avait balayé un Lionel Jospin pourtant méritant. Plaisant par la volonté des français de marquer leur souhait de voir un changement radical dans les orientations d’une gauche restée à la remorque de la modernité et de l’ouverture sur le monde. Plaisant parce que les français n’ont pas marqué d’attachement au sexe du candidat, mais bel et bien sur ses propositions et sa capacité à devenir un bon Chef de l’Etat. Plaisant, car les idées socialistes-libérales que je porte à Puteaux, et que pousse au niveau national, se sont révélées justes et attendues par les français.
C’était un beau dimanche d’avril que ce premier tour d’élection présidentielle. C’est un renouveau démocratique et républicain qui permet de fixer le destin du pays sur de nouvelles bases.
C’était le jour que j’attendais depuis bien des années, ce jour qui a mis un terme à l’étouffante hégémonie de la génération 68 sur le destin de leurs enfants.
Ce 22 avril 2007, marque le passage d’une France à une autre…
Régis Sada
15:35 Publié dans Pourquoi moi ?, Pourquoi politiser ? | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : politique, présidentielle, regis sada, ump, udf, ps, gauche





