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12 avril 2007

Pourquoi Nicolas Sarkozy inquiète-t-il aussi les citoyens homosexuels ?

medium_flag_gay.2.jpg Par Sophie LAUTIER

PARIS (AFP) - Dans le Marais, cœur de la communauté gay parisienne, l'indécision semble dominante à gauche comme à droite et nombre d'homosexuels se disent inquiets de la candidature de Nicolas Sarkozy, notamment après ses déclarations sur le déterminisme génétique.

"Les gens sont très indécis, la communauté gay est aussi divisée que la population, elle a les mêmes préoccupations: vivre mieux, avoir un travail, un salaire décent, etc.", déclare Lionel, un magistrat parisien souhaitant garder l'anonymat, assis au comptoir du Central, le plus ancien bar gay du Marais.

Cette analyse revient souvent dans le discours d'homosexuels qui ne font plus de leurs revendications identitaires (mariage, adoption) ses éléments déterminants de leur choix.

"De toutes façons, tous les grands candidats susceptibles d'être élus ont promis d'améliorer le Pacs ! Les gays sont comme tout le monde, ils ne votent pas en fonction de leur sexualité", renchérit François Ruquet, co-créateur de l'agence immobilière La Garçonnière , qui aide les couples homos, en butte à une discrimination latente, à se loger.

Après avoir voté "Arlette" en 2002, au premier tour, pour "s'amuser", Damien Fabre, son associé de 43 ans, n'a toujours pas fait son choix, plutôt désabusé après "trois décennies de promesses non tenues, parce que ce ne sont plus les politiques qui gouvernent mais les financiers".

Lionel est "très embêté": militant PS depuis toujours, il juge sa candidate "socialiste mais conservatrice et perçue comme très rigide" et constate que des amis iront voter Bayrou "parce que le personnage de Ségolène les dérange".

"Vous avez vu 2002 ? Je voterai socialiste, utile", assure Jérôme Fleury, serveur du Central, qui rêve d'un Smic à 1.500 euros et ne parle jamais de politique avec son employeur, "un homo pacsé d'origine écossaise, en France depuis 30 ans et de droite... puisque patron!".

Si certains assurent qu'ils connaissent "des gays qui votent Le Pen", le vote contestataire pourrait cette fois être "tiédasse et au milieu", selon Sébastien Grisez, gérant de la librairie Les mots à la bouche. Sa clientèle, gay à 75%, ne s'est pas ruée sur les essais politiques pourtant bien en évidence.

Si aucun candidat ne soulève d'enthousiasme, Nicolas Sarkozy déclenche, lui, un malaise même chez des électeurs de droite. Les options "communautaires" du candidat de l'UMP gênent Bertrand Aubin, 23 ans, qui vient d'achever ses études de droit. " La France , ce n'est pas les Etats-unis. C'est dangereux, c'est peut-être pour cela que j'aurai du mal à voter Sarko".

Nathan (prénom d'emprunt), 26 ans et encarté depuis 7 ans au RPR puis à l'UMP, est un "gros déçu de Sarkozy" qui ne les a "pas assez suivis sur l'homoparentalité, l'adoption".

Après son interview dans Philosophie Magazine où M. Sarkozy semblait adhérer à la thèse d'un déterminisme génétique pour expliquer la pédophilie, le jeune militant "aimerait lui demander ce qu'il pense réellement de nous" parce qu'"il existe un amalgame répandu entre pédophiles et pédés".

"Après les pédophiles et les suicidaires, pourquoi ne dirait-il pas ça des homos ? C'est gravissime", s'inquiète Lionel.

D'autant que ces homosexuels, "privilégiés" à Paris où ils peuvent vivre comme bon leur semble disent-ils, soulignent les évolutions de mentalités encore nécessaires: pour "qu'être homo en province ne soit plus l'horreur", selon Nathan ou Bertrand, pour "ne plus avoir besoin de mentir pour adopter", d'après Lionel ou Damien.

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Je continue à penser que penser à « catégoriser » les français dans ces diverses enquêtes d’opinions n’aide pas à lutter contre toutes les formes de discriminations. Au moment où le besoin d’unité de cohésion dans le Peuple n’a jamais été aussi fort, on poursuit lentement mais sûrement à parler de « français issus de l’immigration », « d’homosexuels », de «musulmans »….Insistons sans relâche sur le mot simple de CITOYEN et de FRANÇAIS avant tout.

Toutefois, ce reportage à le mérite de confirmer –une fois de plus- que les citoyens homosexuels, sont des français comme les autres, qui connaissent les mêmes préoccupations, les mêmes soucis et les mêmes attentes que les autres. Parcourir les rues du Marais est certes une évidence pour un journaliste parisien, pourtant ce même journaliste parisien devrait savoir que le Marais connaît de jour en jour une pénurie d’homosexuels. Les homosexuels, comme partout ailleurs en France, se sont fondus dans la masse et se retrouvent dans les mêmes endroits que les autres.

Sur le fond maintenant, il est indéniable que cette campagne présidentielle intéresse les français, mais confirme le sentiment général d’une vaste fumisterie conduite par des écuries politiques aphones et des candidats aussi risibles qu’inaptes à remplir la fonction présidentielle.

Tous les français aspirent au changement, ils sont conscients que la société à évolué beaucoup plus vite que leur système politique et institutionnel. La mainmise de l’arrière garde conservatrice ou revancharde s’est estompée dans les actes comme dans les esprits au cours des vingt dernières années.

Le problème, c’est que la France de 2007 est encore et toujours gérée avec des méthodes d’après-guerre. Les pratiques et les mentalités n’ont changé que par l’arrivée de nouvelles générations plus soucieuses de vivre en harmonie avec les autres et le monde extérieur, que sur la base de cette France, de cette vieille France qui s’est laissé vivre et coulée durant plusieurs décennies.

Par avance je m’excuse d’orienter mon propos, mais vraiment là l’instant est aussi grave que décisif : pour moi la France et les français n’ont rien à attendre de bon d’une élection de Nicolas Sarkozy.

Si j’ai salué le débat interne mené au sein de l’UMP sur les questions liées à l’homosexualité, et si j’ai fortement décrié le silence assourdissant d’un PS empêtré dans les contradictions distillées par Ségolène Royal, je ne peux me résoudre à penser que cet homme emporte adhésion et sympathie.

Pour Nicolas Sarkozy, les homosexuels ne dérangent personne tant qu’ils restent à leur place et qu’ils ne revendiquent pas autre chose que ce qu’ils peuvent produire. L’hostilité de ses barons feront que ses engagements de campagne se transformeront en « cauchemar » pour des citoyens homosexuels soucieux d’être entendus et reconnus comme des citoyens à part entière.

En repensant à ses propos sur la racaille, sur l’identité nationale, sur la pédophilie et sur sa gestion de la sécurité publique, comment est-il possible d’envisager un retour en grâce d’une France ouverte et déterminée à tourner la page de toutes les politiques menées depuis plus de 30 ans ?

Comment penser que ce garçon qui a tenté de dissimuler ses mauvaises pensées pendant de longs mois, et qui les ressort chaque jour par de petites notes acidulées, avait pu changer ?

medium_act_up-votez_le_pen.jpgIl n’y a pas eu de débat, il n’y en aura pas et il n’y en aura plus. Personne ne doute qu’au soir du 6 mai, si Nicolas Sarkozy était élu Chef de l’Etat la France connaîtra une période plus qu’instable. C’est même un risque fort –et non dénué de sens- d’embrasement qui guette. Cela permettra sans doute à ce garçon « généreux » et « génétiquement modifié » de justifier sa politique de retour à l’ordre moral. Croire dans une France qui peut et qui doit changer, ce n’est pas voter pour une France qui replace des valeurs identiques à celles prônées du temps de « travail, famille et patrie ».

Je veux encore croire au sursaut du Peuple, car je ne souhaite pas que le 7 mai 2007 au matin ressemble pour moi à un 22 avril 2002. Je veux encore croire aux valeurs d’unité, d’universalité, de tolérance et de modernité d’une France apaisée et tranquille. Une France qui accepte l’idée que tout n’est pas parfait mais que changer les choses est possible avec volonté, courage et détermination.

J’en veux terriblement à ce Parti Socialiste qui n’a pas rempli sa mission et qui pourrai faire payer l’addition aux français en étant restant convaincu qu’il était préférable de donner une image plutôt qu’un projet à la France.

Ensemble, tout devient possible….c’est vrai. Mais c’est sans doute encore plus vrai sans Nicolas Sarkozy. C’est mon sentiment et c’est mon ultime conviction. Je ne souhaite pas de cet homme là pour défendre les valeurs de la République et de la France.  

Ma France à moi se construira dans l’union et non, dans la stigmatisation et la privation des libertés individuelles. Je veux encore pouvoir rêver et penser librement. Rêver et penser que l’avenir sera plus beau que celui que nous ont réservé des gens qui ne pensent qu’à leur carrière.

C’était la chronique d’un citoyen très inquiet et d’un socialiste aussi déçu que perturbé...

Régis Sada