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10 avril 2007
Pourquoi le 22 avril 2007, je voterai d’abord pour la France avant de voter pour un clan ?
Après plusieurs mois de harcèlement politico-médiatique, la course à l’élection présidentielle arrive à son terme dans moins de deux semaines.
Mon vote est-il cristallisé ? Oui, mon choix est fait depuis plusieurs semaines maintenant. Après avoir attendu un hypothétique débat entre les différents projets, je suis finalement resté sur ma première impression. Mon choix n’a donc pas varié d’un iota, il restera ferme et définitif jusqu'au dépôt de mon bulletin dans l’urne dimanche en 15.
Parmi les douze candidatures soumises aux français, une seule candidature doit logiquement recueillir mon soutien. Logiquement ? Oui car étant militant socialiste à Puteaux, et étant donné que mes pairs ont désigné Ségolène Royal le 16 novembre dernier je suis censé ne me poser aucune question.
Et pourtant…
Et pourtant, depuis plusieurs mois je n’ai jamais caché ma méfiance voire mon hostilité à cette candidature de Ségolène Royal. Si je respecte le vote militant, je regrette que ce dernier fût plus guidé par la dictature des sondages que par l’intérêt supérieur de la Nation.
Et pourtant, les très fortes réserves que j’avais émises sur le contenu du projet socialiste – et sur lequel j’ai voté NON sans regrets – n’ont pas semblé émouvoir mes « camarades » qui m’avaient assurés alors d’un Projet Présidentiel haut et fort en couleurs… J’ai vainement attendu, jour après jour, semaine après semaine, et ces réserves sont restées intactes noyées dans un océan de mutisme complice, révoltant et presque insultant pour les français.
Et pourtant, si j’ai longtemps espéré que Ségolène Royal m’apporte la preuve de sa capacité à devenir une grande Présidente, je n’ai à aucun moment senti un Désir d’Avenir pour cette dame de fer… L’espoir fait vivre et il reste encore quelques jours à Ségolène pour redresser une barre qui n’a jamais vraiment décollé du tarmac.
Et pourtant, à qui le citoyen que je suis peut-il donner son vote sans trahir ses convictions ?
Et pourtant, si le « mal » Jean-Marie Le Pen n’a jamais cessé de rôder depuis 2002, le péril « jeune » incarné par Nicolas Sarkozy m’effraie à bien des égards ? J’aime trop la France et la République pour abandonner l’idée que l’arrivée (probable ?) ce petit « Monsieur » à l’Elysée ne conduise à un véritable soulèvement de la population, tant son discours nous ramène au bon vieux temps de l’ORTF, de la propagande pour gens peu informés et aux idées aussi courtes que le niveau de certaines émissions de TF1.
Et pourtant, je ne suis pas rassuré. Je ne veux pas vivre dans une France où on laisse penser que certains citoyens valent mieux que d’autres. Une France où l’on se préoccupe plus des soucis des nantis modernes que la majorité qui travaille et qui demande juste à vivre dignement. Une France où les discriminations continueront d’exister car l’on refusera de s’attaquer aux racines du mal. Une France où les élus pourront continuer en toute quiétude de profiter des avantages que leur confèrent les ors de la République. Une France où la défiance, le mépris et la peur de l’autre deviendront des habitudes. Une France où comme dans le 92, certains citoyens surveilleront d’autres citoyens au nom d’une pseudo sécurité.
Et pourtant je ne rêve pas, c’est cette vision de la France que me donne Nicolas Sarkozy. Chassez le naturel, il revient au galop.
Et pourtant, je ne crois pas à cette « rupture » qui voudrait que l’on se préoccupe enfin des maux de la société, des demandes des citoyens, des besoins de la population, alors que ces mêmes citoyens ont été humiliés, insultés et trahis depuis si longtemps.
NON, la politique passionne mais ne fait plus rêver les français, car celles et ceux qui s’en sont servi pour leurs intérêts personnels ont décrédibiliser cette parole politique. NON, je ne veux pas cautionner ces gens là.
Avec un certain amusement, presque par ironie, j’ai vu aussi cette gauche antilibérale se déchirer et se ridiculiser. Pourtant si forte en 2002, pourtant si convaincante en 2005 contre l’Europe, même eux n’ont pas réussi à s’unir sous une seule et même bannière. Même les « petits partis » gèrent leur chapelle au nom des intérêts de cette dernière avant celui du plus grand nombre. C’est une forme très amusante et très convaincante de ce qu’est l’internationalisme. Et dire que les « bobos » se regardaient un peu trop le nombril…Pauvres travailleurs.
Que penser enfin de Jean-Marie Le Pen et de Philippe De Villiers qui expriment ce que l’esprit gaulois peut contenir de plus néfaste. Qui peut croire que ces deux personnages entendent sauver la Nation en refusant aux autres l’étiquette de patriote. Je suis un patriote. Un vrai patriote aimant la France. Et c’est justement parce que je reste un patriote fidèle à la France et à son histoire que je ne peux oublier que les idéologies prônées par ces deux fanfarons sont dangereuses pour la France et pour la démocratie. Dangereuses car les français y ont déjà succombé en d’autres temps.
Mon choix est fait, vous aurez sans doute réussi à le déterminer. Attention toutefois à ne pas coller d’étiquette trop rapide. Les mots et le sens des phrases révèlent parfois des trésors cachés. Une sorte de message subliminal. Mon choix est fait, ferme et définitif.
Le 22 avril 2007, avant de voter pour une écurie ou pour un clan, je choisi un personnage à même de sauver ce qui peut encore l’être. Je voterai avec mon cœur et avec la certitude qu’une société est plus belle quant elle est partagée, écoutée, solidaire et respectueuse. Je voterai pour un choix clair qui rend à tous les citoyens ses droits et ses devoirs.
Mes chers compatriotes, le Peuple souverain est appelé à s’exprimer pour désigner celle ou celui le plus à même de les représenter. Adepte de la Révolution Citoyenne , je souhaite que vous usiez largement de l’arme suprême du bulletin de vote.
C’est sans doute car je crois dans la République et dans la France ….de toutes mes forces.
Régis Sada
18:40 Publié dans Pourquoi moi ?, Pourquoi politiser ? | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : politique, presidentielle, royal, sarkozy, bayrou, socialisme libéral, france





