08 mars 2007
Prisons françaises : un nouveau rapport confirme la violence de certains surveillants
Le meilleur moyen de ne pas laisser perdurer la vieille idée qui veut que les prisons françaises soient exemplaires et relèvent presque de la « colonie de vacances », impose que l’on rétablisse la vérité auprès des français, en parlant et en publiant des conditions de détention REELLES dans nos établissements pénitentiaires.
Les questions liées : à un manque total d’hygiène et à une négligence médicale et psychologique des détenus, ont déjà été traitées à de nombreuses reprises. L’odieux mensonge – à travers un silence complice - imposé par l’ensemble de la classe politique sur la formation et la « surveillance » des personnels pénitentiaires, à en revanche été survolé.
Je m’en étais fait l’écho auprès du Président Jacques Chirac il y a quelques mois, et mon « ultime conviction » avait été confirmée par le Commissaire Européen aux Droits de l’Homme quelques jours après, puisque ce dernier avait qualifié nos prisons comme avant-dernière du classement mondial « juste avant celle de Moldavie ».
Tous les candidats à l’élection présidentielle y sont allés de leur plan pour les prisons ou de leur constat d’amertume, mais la réalité est bien moins jolie, puisque une fois élus, nos Parlementaires qui soutiennent ces « plans » ne mettent jamais le moindre orteil en prison alors qu’ils y ont un accès illimité.
LES FRANÇAIS DOIVENT SAVOIR QUE LEURS DETENUS SONT TRAITES COMME DES ANIMAUX EN PRISON !
Certains surveillants de prison dérapent très largement –e et trop souvent – de la mission de gestion des établissements qui leur a été déléguée à leur embauche.
S’ils doivent faire respecter le règlement interne de l’établissement, et doivent assurer la vie en collectivité des détenus, ils n’ont aucun droit ou pouvoir de justice. Comme dirait un certain Jacques Chirac : « j’ordonne, il exécute ».
Seuls les tribunaux de la République sont aptes à juger des préjudices subis par les victimes, et donc d’évaluer la sanction qui doit être infligée au contrevenant. La justice en France est toujours rendue au nom du Peuple !
Les surveillants de prison doivent vivre dans la crainte que leurs propres délits, leurs propres égarements, seront un jour clairement constatés et sanctionnés par ces mêmes tribunaux. Ils doivent s’en tenir à leur rôle et comprendre qu’ils n’honorent pas la France et la République , en se conduisant parfois comme des barbares.
Pour ma part, je ne pleure pas sur le cas des détenus. Les victimes et leurs familles payent souvent le prix de leur folie ou de leur inconséquence. Je n’ai pas à jugé des faits qui les ont conduits derrière les murs d’une prison, mais mon rôle de citoyen est de dénoncer celles et ceux qui prennent des libertés avec les valeurs sur lesquelles notre République repose.
LES LOIS S’APPLIQUENT A TOUTES ET A TOUS SANS AUCUNE DISCTINCTION.
Françaises, français, lisez l’article ci-dessous et ne vous laissez plus abuser par des gens qui continuent encore et encore à vous faire croire, que tous les citoyens sont égaux devant le droit et la justice.
Maintenant, parlons aussi des droits et des devoirs de chacun en prison.
Régis Sada
Auteur de l’article : Jacqueline Coignard – Libération du 08/03/2007
Comme les policiers ou gendarmes, les surveillants de prison font l'objet de plaintes de plus en plus nombreuses auprès de la Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS). Même si le mode de saisine de l'instance (via un député ou un sénateur) est encore moins évident pour un détenu. Dans son rapport 2006, publié aujourd'hui (lire ci-contre) et dont Libération dévoile l'essentiel, la CNDS donne un coup de projecteur sur ces plaintes contre l'administration pénitentiaire, qui représentent 14,9 % des dossiers reçus depuis 2001 (71 sur 474), et dresse une sorte de bilan de son action dans ce domaine.
«Complaisance». De 3 dossiers en 2001 (sur 19), on est passé à 22 en 2006 (sur 140), relate la commission. Dans la dernière fournée, 5 plaintes visent le seul centre pénitentiaire de Liancourt (Oise). Elles ont déjà fait l'objet d'avis extrêmement sévères de la part de l'instance, qui a réclamé des sanctions disciplinaires et pénales contre plusieurs surveillants de la maison d'arrêt ( Libération des 14 décembre 2006 et 22 janvier 2007).
Tabassages, humiliations... A Liancourt, un petit groupe faisait régner un «climat de terreur» sous la houlette du premier surveillant, B. C., qui «semble avoir exercé un pouvoir illégitime, arbitraire, de par la passivité, si ce n'est la complaisance, du directeur adjoint M. H.», écrit la CNDS.
Deux surveillants ont été suspendus en janvier, après avoir été condamnés par la justice (quatre mois de prison avec sursis pour violences). L'audience du 20 février devant leur instance disciplinaire a été reportée. L'administration pénitentiaire explique qu'elle attend l'issue de deux plaintes pénales visant d'autres surveillants pour statuer. Ce qui risque de prendre plusieurs mois. Dans l'un des cas, il y a eu mort d'homme : Olivier T., 32 ans, s'est pendu après un tabassage qui l'avait conduit à l'hôpital.
Tous les dossiers ne sont pas aussi lourds, mais la commission explique qu'en six ans, elle a traité douze décès (dont sept suicides, notamment en quartiers disciplinaires). Les réclamations concernent les maisons d'arrêt, plus nombreuses et peuplées que les autres établissements. Toutefois, la CNDS signale que le pavillon E2 de l'hôpital Pasteur de Nice (Alpes-Maritimes) a été l'objet de deux saisines, pour un problème récurrent : l'annulation d'examens médicaux, faute d'escorte pour accompagner les détenus.
Cantines. Autre source de tensions entre détenus et surveillants : la gestion des «cantines» (vente de produits, notamment alimentaires) est souvent défaillante, surtout dans les établissements récents, où elle est confiée à une société privée. Les fouilles de cellules ou les fouilles corporelles intégrales fournissent leur lot d'avis critiques. «M. X... a été mis à nu et fouillé, ce qui ne semblait pas s'imposer au regard des dispositions du code de procédure pénale.» La phrase revient sans cesse, et suggère que les surveillants utilisent le procédé pour brimer les détenus identifiés, à tort ou à raison, comme des fauteurs de troubles.
La CNDS évoque aussi les placements en cellule disciplinaire de détenus très malades, ou les abus du recours à l'isolement. Au chapitre «usage disproportionné de la force», elle se penche sur les interventions musclées des groupes d'intervention de la police ou de la gendarmerie nationale (GIPN et GIGN) et des bataillons de surveillants créés en 2003 : les Eris (équipes régionales d'intervention et de sécurité). Elle relève, par exemple, l'utilisation d'un pistolet à impulsions électriques (Taser) sur une détenue. «Cette intervention faisait suite à la dénonciation d'un prétendu projet d'explosion de sa cellule à l'aide de l'extracteur d'oxygène dont elle disposait pour des raisons de santé», commente la commission, qui regrette que personne n'ait pensé à privilégier la parole.
Représailles. L'envoi de ces unités casquées, bottées, encagoulées ne s'impose pas, non plus, pour changer de cellule un détenu agité, remarque la commission. Surtout sans avoir tenté d'identifier la raison de son agitation : de multiples transferts l'éloignant un peu plus de sa famille.
Un détenu qui saisit la CNDS peut-il faire l'objet de mesures de rétorsion ? C'est ce qu'affirme l'un d'entre eux, A. A., qui avait dénoncé des violences subies à Moulins, en 2003, à la suite d'une prise d'otage. Dans une nouvelle plainte, il dit essuyer commentaires, menaces et punitions injustifiées, de prison en prison.
A LIRE SUR :
12:25 Publié dans Pourquoi ça existe ?, Pourquoi politiser ? | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : prison, france, justice, citoyen, détenu, police, cnds






