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23 février 2007

Pourquoi la lutte contre l’obésité doit-être considérée comme une priorité ?

medium_obesite1.jpgLa lutte contre l’obésité reste sans aucun doute la mère de toutes les batailles. Sujet trop longtemps écarté des propositions politiques, les programmes des candidats à l’élection présidentielle ne donnent aucun signal fort vis-à-vis de ce « mal » qui touche de plus en plus de français.

Nos responsables politiques ont fait le choix incompréhensible et inacceptable de se bander les yeux face à cette maladie qui ronge de jour en jour la société. Pour moi l’obésité doit-être placée au cœur de toute véritable politique de santé publique.

L’obésité frappe toutes les couches sociales du pays sans aucune distinction. Les français les plus modestes sont bien entendu les premiers et les plus touchés par ce fléau d’une société qui ne se voit pas grossir.

Grimée dans les pages des magazines féminins et masculins, l’obésité est rangée dans la case « chasse aux rondeurs », « kilos superflus ? » ou autre « gare à la graisse ! ».

FRANCAISES, FRANÇAIS, ne voyez-vous pas que vos enfants, que vos femmes, que vos hommes s’arrondissent de jour en jour ? Que les fessiers et les hanches de votre entourage frôlent la taille d’un gros bourdon, plutôt que celle de la guêpe ? Que les sièges des transports en commun ne sont plus assez larges pour caser tous les usagers ?

Beaucoup aiment faire porter la responsabilité des déséquilibres alimentaires. Les enfants sont au cœur de cette cible, et pourtant les écoles primaires sont de plus en plus nombreuses à offrir des repas « Mac Do » à nos chers chérubins.

A côté de cela, personne ne prend en compte les ravages que l’obésité entrainent sur le bon fonctionnement de la santé et des coûts qu’elle engendre…

Quant la France sera-t-elle capable de comprendre que l’obésité est un mal sournois ? Une maladie qui tue psychologiquement et physiquement les personnes qui en sont touchées ?

L’OBESITE NE DOIT PAS ETRE SOUS-ESTIMEE ET MEPRISEE

Comme pour beaucoup d’autres sujets, les moyens d’action ont été réduits au strict minimum. Si l’on y prend pas garde, l’obésité sera dans quelques années un nouveau moyen de distinction entre les citoyens. Elle deviendra la norme.

Lisez l’enquête de l’INSEE parue ce matin, et si vous ne vous sentez pas concerné, regardez et observez les gens qui vous entourent. Si une vision effrayante se déclenche chez vous, vous comprendrez qu’il est urgent d’agir !

Régis Sada

 

medium_obesite_1.jpgINSEE: les couches sociales modestes sont plus touchées par la hausse de l'obésité

PARIS (AP) - La part d'adulte obèses en France a fortement augmenté entre 1992 et 2003, un taux qui progresse encore plus vite parmi les couches sociales défavorisées, confirme une étude de l'Institut national de la Statistique et des études économiques (INSEE) paraissant vendredi.

La France comptait 3,6 millions d'adultes obèses de plus de 65 ans en 2003. Les hommes sont légèrement moins touchés que les femmes, mais l'accélération du phénomène reste observable chez les deux sexes: 9,8% d'hommes étaient rangés dans cette catégorie en 2003 contre 5,5% en 1992, et 10,2% de femmes en 2003 contre 6,2% en 1992.

L'étude paraissant dans la revue "INSEE Première" de février souligne l'inégalité croissante des différentes catégories sociales face au phénomène. "L'obésité augmente beaucoup plus vite depuis 1992 chez les agriculteurs ou les ouvriers que chez les cadres et les professions intellectuelles supérieures", est-il constaté dans le document. Ainsi, "moins un individu est diplômé, plus il a de chances d'être obèse". Le taux d'obésité chez les agriculteurs a ainsi augmenté de sept points entre 1992 et 2003, alors qu'il ne gagne que deux points chez les cadres.

Le niveau de vie s'avère être un autre facteur déterminant, les obèses étant nettement plus nombreux chez les populations pauvres que dans les couches aisées. Ceci est particulièrement vrai chez les femmes: le taux d'obésité passe du simple au double entre les 25% (premier quartile) les plus modestes et les 25% (dernier quartile) les plus riches.

Toutes les régions de France sont touchées par cette augmentation, même si des disparités géographiques persistent: le Nord et l'Est sont les plus touchés avec respectivement 14 et 13% d'obèses, tandis que l'Ile-de-France et la zone méditerranéenne font figure de bons élèves avec 8%. Les personnes vivant en milieu rural sont par ailleurs plus corpulentes que celles vivant en milieu urbain.

Paradoxalement, l'étude menée entre octobre 2002 et mars 2003 auprès de 16.800 ménages, soit plus de 40.000 individus, révèle aussi que de plus en plus de personnes suivent un régime amaigrissant, les femmes étant toujours plus nombreuses dans ce cas que les hommes. Cette augmentation ne joue néanmoins pas sur le taux global d'obésité car les populations qui suivent ces régimes ne sont pas celles qui souffrent le plus de surpoids - une tendance qui laisse penser que les écarts vont s'accroître.

Les Français et les Françaises ont grossi de trois kilos en moyenne entre 1992 et 2003, et grandi d'un centimètre.

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