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13 février 2007

Pourquoi la démocratie participative rime avec Révolution citoyenne ?

medium_marianne_citoyen.jpg« Démocratie participative », l’expression est lâchée ! Bénéfique pour certains et véritable affront à la démocratie représentative pour les autres.

Quelle signification peut-on donner à cette expression lancée par Ségolène Royal, un soir de grande séreinitude ou de bravitude ?

La démocratie participative ne doit pas s’expliquer, elle s’impose d’elle-même dans le pays ou le principe de la République inscrit dans sa Constitution, annonce fièrement : « Gouvernement du Peuple, par le Peuple et pour le Peuple ».

Cette nouvelle forme de consultation, dote les citoyens d’un pouvoir de pression et d’obligation de résultat. Elle réinstaure l’idée qui n’aurai jamais due être oublier : que les Elus sont mandatés pour pourvoir à la parole du Peuple.

Les français ont volontairement abandonné leur pouvoir durant plusieurs décennies, en pensant sans doute à tort, que seule une poignée de femmes et d’hommes étaient capables de conduire les grands desseins de la Nation. En 2007, la désillusion est cruelle et la chute est sévère. Le fossé s’est creusé et les citoyens ont été bernés par une classe politique qui n’a eu de cesse de profiter, d’utiliser et de détourner à leur propre avantage le sens même du mot « démocratie ».

Cette classe politique si fière, si digne, qui se présente en chevalier blanc sur vos écrans, met sur le dos des syndicats, des grands patrons, de l’Europe, de la gauche ou de la droite, la responsabilité de sa propre incompétence et de son manque de courage face aux grands enjeux qui se sont succéder après la guerre.

Il plaisait au Peuple de lui dire que la France était belle, que la France était forte, que la France était riche et enviée dans le monde entier. Ces femmes et ces hommes ont simplement oublié de préciser aux français, que le monde regarde la France avec envie pour son histoire et non pour ses acquis.

Le temps de la réforme est malheureusement passé, et la démocratie participative peut permettre d’associer et de responsabiliser les français sur l’état des fondations de la Maison qui menacent de s’écrouler. Ainsi, la classe politique se défaussera un peu de ses propres responsabilités en laissant glisser au Peuple : « si vous nous aviez écouter plus tôt ».

 

medium_parvenu.jpgLES OPPOSANTS A LA DEMOCRATIE PARTICIPATIVE

La démocratie participative est souvent brocardée par celles et ceux que l’on caractérise comme des jacobins. Ces mêmes personnes qui prennent le pouvoir un jour – toujours par les urnes certes – par adoubement de gens poussés dans le désarroi (comme au lendemain de la guerre), ou par succession divine de papa qui offre à son rejeton son acquis.

Ces français exemplaires ne portent pas d’étiquette politique, minimisent leurs convictions personnelles souvent inexistantes, et assurent le bon Peuple de leur entière dévotion tout en restant pendus aux ordres donnés par leur hiérarchie politique.

Toujours en éveil devant les besoins de leur population, ces dignes successeurs des seigneuries d’antan entendent conserver jalousement leur titre de " Représentant du Peuple ".

Ce bon Peuple qui les assaille de demandes, de caprices et de désirs. Ce bon peuple à qui l’on trouve quelques vertus au moment d’assurer sa réélection et à qui l’on n’hésite pas d’abreuver de promesses intenables ou de cadeaux empoisonnés qui l’obligeront à maintenir son soutien pour tenir ses menus présents.

Modèle de droite uniquement ? Détrompez-vous.. Si cela est moins vrai à Paris et en Région Parisienne, les successions de plein droit existent bel et bien à gauche, dans ce que j’appelle les baronnies.

Tradition politique peu employée en milieu rural, mais très en vogue dans les villes petites et moyennes qui disposent de revenus du contribuable suffisants pour alimenter les desideratas des uns et des autres.

A tous ces gens, la démocratie participative fait peur, car elle donne aux citoyennes et aux citoyens les moyens de se faire entendre, de se faire écouter et de se faire respecter. Elle tranche avec l’ordre de soumission habituellement établi, et ramène ces quelques parvenus de la République aux portes d’une Révolution citoyenne bien hasardeuse pour leur avenir.

 

medium_citoyen.jpgLES PARTISANS DE LA DEMOCRATIE PARTICIPATIVE

Ils sont nombreux et se comptent par millions dans notre pays. Ils sont majoritaires car on trouve ces bêtes curieuses au sein du Peuple. Ce même Peuple à qui l’on a menti et que l’on a cocufié durant les belles années.

Le démocrate participatif est généralement une femme ou un homme issu d’un milieu modeste – ancienne classe ouvrière – légèrement embourgeoisé par les années, car il n’est plus ouvrier mais est présenté comme un collaborateur (certains sont du bon côté de la barrière).

Il est plutôt jeune – jusqu’à 45 ans – car ses parents n’ont pas vieilli et le considère toujours comme le « petit ». Ses parents jouissent de leur retraite bien méritée mais jamais financée. Il est plus urbain que rural sauf s’il est marié et qu’il a des enfants. Il travaille dans une société de service plutôt que dans une usine, puisque celles-ci ferment les unes après les autres.

Il s’adonne au sport ou offre son temps dans une association. Il aime sa vie, son quartier et ses amis. Il se contente de ce qu’il a et demande juste que l’on s’occupe de ses problèmes directs, de l’aménagement de son quartier ou que ses représentants ne passent pas leur temps à gémir sur des généralités et pensent « proximité » avant tout.

Il est instruit selon ses propres capacités et parce que ses parents lui ont martelé que seules des études réussies l’amèneraient à une vie professionnelle pleine de promesses.

En 2002, en 2004 et en 2005, lors des divers scrutins électoraux, il s’est fâché fort en votant même contre son propre camp. La droite l’a trahie en le pillant petit à petit et en réduisant ses libertés, et la gauche lui a menti car elle l’a appâtée avec de belles promesses coûteuses et souvent non financées. Cette gauche l’a pillé et l’a dévalorisé. Ces menteurs ont mis à mal l’équilibre de la société dans lequel il vit, en réussissant à monter certains français contre d’autres français.

medium_revolution.jpgCe démocrate aime la France et souhaite que la devise de la République « Liberté, Egalité, Fraternité » ne soit pas simplement un cachet apposé sur le fronton de sa Mairie. Ce démocrate doute de lui car il sait qu’il n’est pas entendu. Il veut se rebiffer mais n’en a pas les moyens, alors il se lance dans la démocratie participative pour partager ses envies, ses besoins, ses soucis et son souhait de ressouder l’essentiel.

Si en 2007, ce démocrate participatif n’est pas entendu et respecté, il trouvera d’autres moyens pour se faire entendre. Il donne un dernier avertissement avant sanction. S’il n’est pas entendu il fera se lever un nouveau vent de Révolution. La formule est usée mais a fait ses preuves. Si la guillotine n’existe plus heureusement, le bulletin de vote peut s’avérer une arme bien plus tranchante.

A quelques semaines des élections du Président de la République et des Représentants du Peuple, les citoyens passifs jusqu’ici se sont réveillé… il flotte un doux air de Révolution Citoyenne.

Régis Sada