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13 février 2007
Pourquoi j’ai été Représentant de Quartier de Puteaux ?
J’habite à Puteaux dans le Département des Hauts-de-Seine. Ancienne place forte industrielle de la Région Parisienne, cette bourgade s’est transformée au fil des siècles d’une simple ville ouvrière en pseudo paradis de cité dortoir.
Longtemps dirigée par la gauche, cette commune a été happée en 1969 par un Gaulliste-ex SFIO pro Jauressien répondant au nom de Charles Ceccaldi-Raynaud. Symbole de grandeur et de prospérité – ironiquement bien entendu – Puteaux est l’une des deux villes qui constitue avec Neuilly-Sur-Seine, la circonscription d’élection d’un illustre inconnu dénommé Nicolas Sarkozy.
Vous avez certainement entendu parler de cette joyeuse bourgade aux milles et uns sites internet, qui voient s’opposer les pros et les antis « système clientéliste » initié selon ses propres termes, par l’ex Grand Chef : Charles Ceccaldi-Raynaud.
Sur cette terre des Hauts-de-Seine, l’omerta a régné en maîtresse absolue durant près de quarante ans jusqu’à l’honteuse ouverture médiatique prônée par un journaliste citoyen prénommé Christophe Grébert .
Ce sinistre fou a osé dévoiler la tragédie comique qui se joue tous les jours dans le fief de celui qui revendique sans rire qu’ « Ensemble tout devient possible ». C’est même un slogan emprunté aux amis de la grande famille putéolienne, puisque ces derniers ont exprimé sans relâche qu’ « il fait bon vivre ensemble à Puteaux » !
Donc, lors de mon arrivée imprévue en 2001 dans cette ville qui s’est endormie depuis longtemps, j’ai était particulièrement troublé de découvrir un florilège d’histoires touchant la vie de ce Christophe Grébert .
Un citoyen privé du droit de pénétrer dans la Mairie les soirs de Conseil Municipal, ce citoyen arrêté en pleine rue par une police municipale aux ordres du patron local, un citoyen commun à qui l’on a tenté de faire porter le sceau de la pédophilie, en l’écrivant dans les colonnes du site internet de la commune.
Emu de toutes ces histoires impossibles je me renseigne et vérifie l’exactitude de ces propos abracadabrants. Il s’avère que les dires sont vrais et que la guillotine de la justice municipale frappe lourdement sur ce pauvre citoyen qui n’a fait qu’exercer son droit régalien de délation citoyenne.
HISTOIRE DE MON COURONNEMENT
En 2004, Charles Ceccaldi-Raynaud transmet les rennes de la Maison à sa fille Joëlle pour raisons médicales. Comme il l’annonce fièrement un soir de Conseil Municipal : « il y aura toujours un Ceccaldi pour barrer la route au socialo communisme » !
Sa fille s’exécute et reprend le flambeau tout en faisant le choix d’adapter la machine déjà rôdée à sa propre façon.
Joëlle Ceccaldi-Raynaud donne des signes d’ouverture vers les « petits » de l’opposition en respectant leur temps de parole, en leur donnant un local décent pour se réunir mensuellement, en cédant à Christophe Grébert le droit d’assister aux débats du Conseil Municipal, et essayant ainsi de polir l’image si dure donnée durant quatre décennies par son père.
Au terme de « démocratie participative » elle répond par un choix précis et établi selon sa propre idée personnelle du sujet.
Première idée : Madame La Députée-Maire (suppléante en titre de Nicolas Sarkozy) se présente devant les citoyens régulièrement sous une tente bleue qui fait le tour des quartiers. La formule semble plaire et donne une image de proximité évidente. Dommage que les citoyens venant à sa rencontre soient souvent les mêmes et qu’ils remplissent souvent les travées bruyantes du Conseil Municipal.
Deuxième idée : Le journal municipal Puteaux-Infos demande aux citoyens de la ville de se porter volontaires pour devenir Représentant de leur quartier. Un simple coupon permet de s’inscrire rapidement.
La liste des prétendants n’est pas affichée et les inscriptions sont fermées au bout de dix jours sans aucun préavis, un papillon rouge informatif donne le ton sur le site de la Ville.
La méthode employée pour désigner les Représentants n’est pas communiquée. Et au soir d’un Conseil Municipal, sous couvert d’un tirage au sort « innocent » et inattaquable déontologiquement du Conseil Municipal des Jeunes de la ville, la liste des grands gagnants est donnée !
Une longue litanie de 19 Représentants inconnus…sauf un !
Absent de ce Conseil, mon portable s’agite, vibre et sonne sans arrêt. Le miracle du hasard a frappé aux portes de Puteaux. Moi le sans-grade culotté qui écrit souvent, beaucoup et aux plus grands. Moi le petit citoyen qui revendique sa liberté de parole vient d’être désigné Représentant du Quartier des Rosiers. Merci encore aux enfants, non vraiment…
A partir de cet instant, mon rêve de représenter mes concitoyens est devenu réalité…enfin presque. Presque parce que je reste étonné de certaines étrangetés comportementales.
Je suis reçu en Mairie avec gentillesse et respect selon les usages qui sied à la bienséance. Madame La Députée-Maire est sympathique et souriante. Je signe un « contrat de Représentant » relativement flou sur les tenants et les aboutissants de la tâche qui m’incombe désormais.
Pas une seule fausse note jusqu’au moment où je suis « outé » comme membre du Parti Socialiste local, ce dont je ne me suis jamais caché d’ailleurs, et dont je ne me prive pas de relever que cela demeure du domaine réservé de ma vie privée.
A la deuxième rencontre, mon co-Représentant est présent. Je ressens comme une tension. Tension polie mais forte et presque inavouée. La relâche se précise lors de la réunion où je n’hésite pas à affirmer mes positions et exprimer librement mon opinion sur quelques incohérences relevées ici et là dans mon quartier.
Madame La Députée-Maire attache beaucoup d’importance au facteur sécurité. Sans nier ce souci, je lui ai toujours opposé mon obsession du cadre de vie cher aux habitants de tout quartier.
Les échanges (quatre ou cinq réunions sur deux ans) sont intéressants mais pas suffisamment constructifs à mon goût. L’on tente même de m’associer au projet de fermeture de la Place des Marées. Là aussi pour raisons de sécurité et de calme réclamé par les riverains. Le business des produits dérivés interdits y a pris ses marques parait-il. C’est toujours le cas aujourd’hui même depuis la fermeture du lieu si prisé des « jeunes ».
Madame La Députée-Maire insiste sur le principe de lien social. Notion qui nous est commune. Elle est très friante de la fête des voisins qui se déroule une fois l’an. C’est un moyen efficace de rassembler les gens et de montrer l’engouement de la ville pour ces échanges entre amis. Elle souligne que les résidents de notre quartier ne sont pas très vivaces sur ce type de manifestation. C’est à nous de les inciter à plus de partage avec leurs voisins….ben voyons après tout…
Pour satisfaire mes diverses requêtes, la ville fait un effort sur quelques aménagements fleuris. Un peu léger comme bilan.
DEBUT DE DECHEANCE
Une chose me trouble toutefois. Ces nombreux illustres inconnus qui représentent les quartiers, fruit du hasard d’un tirage au sort au dessus de tout soupçon, se connaissent souvent. Ils se tutoient même entre-eux. Même devant moi, ils s’échappent en donnant du « Tu » à Madame La Députée-Maire un peu gênée par cette débauche d’enthousiasme. Je reste sur un simple « Madame » plus correct vis-à-vis de sa fonction représentative.
En décembre 2005, je suis convié – comme en 2006 d’ailleurs – à la soirée de fin d’année offerte par la Mairie. Je m’y rends un peu tendu. La soirée est délicieuse voire amusante tant les apartés sont nombreux sur mon cas. Je m’en fais l’écho sur le site de mon ami Christophe Grébert , cela déplaît aux soutiens officiels de Madame La Députée-Maire qui ne trouvera elle, rien à redire sur mon choix de partager cette expérience avec concitoyens.
Les semaines et les mois passent, la folie de la représentation s’estompe. Les réunions sont espacées et souvent fixées à des heures qui conviennent à l’emploi du temps de Joëlle Ceccaldi-Raynaud. Le samedi soir à 19H reste un horaire difficile.
Je ne serai pas correct si j’oubliais de préciser que je suis souvent invité à diverses manifestations ou expositions. Je ne m’y présente jamais, car je ne vois pas là l’occasion de relayer les attentes des citoyens. Je ne me sens pas l’âme d’un faire-valoir.
La question que beaucoup de mauvaises langues se pose : ais-je profité de menus avantages ? Réponse claire : un stylo, un carnet et un repas de Noël ! Le présent offert aux convives en 2005 a été redistribué par mes soins et je me suis privé de la soirée 2006, tenu par d’autres obligations.
Ais-je usé de ma position pour bénéficier d’un avantage personnel ou vers un tiers ? Non. Une exception notable, j’ai relayé la demande d’un jeune couple putéolien, qui vivent dans un minuscule appartement avec leur jeune garçon, et qui s’étonnaient de n’avoir reçu aucune réponse de l’Office HLM depuis deux ans, et qui avaient souvent été malmenés au Secrétariat de Madame La Députée-Maire lors de leurs demandes de rendez-vous. J’ai servi de boîte aux lettres….si cela se révèle utile pour ces deux personnes : tant mieux, mon « mandat » n’aura pas été si inutile que cela.
A PUTEAUX, S’EXPRIMER SUR LE NET PEUT S’AVERER CONTRARIANT
Le 6 septembre 2006, à la suite du procès pour diffamation mené par Christophe Grébert contre la Ville de Puteaux, et qui a vu Charles et Joëlle Ceccaldi-Raynaud être condamnés en première instance (appel rejugé en Mars 2007), je me suis permis de demander à Monsieur Nicolas Sarkozy s’il trouvait normal de vouloir passer le « karcher » en banlieue afin de la nettoyer de sa racaille, et d’accepter sur sa terre d’élection des élus condamnés pour avoir laissé entendre des choses inacceptables.
A la suite de la publication sur le net de cette lettre ouverte, Joëlle Ceccaldi-Raynaud a fait déposé une lettre « d’outragée » dans ma boîte aux lettres dans les 24 heures qui ont suivies. A la dénomination ridicule de « Monsieur le Représentant de Quartier », j’ai simplement répondu à Madame La Députée-Maire ma façon de défendre mon droit à la liberté d’expression d’un citoyen libre sur des faits avérés et rendus publics. J’ai également remis les pendules à l’heure en insistant sur le fait que le mélange des genres, des styles et des casquettes n’était pas une habitude ancestrale pratiquée dans ma famille.
Peut-être cette nouvelle entorse à la règle de l'omerta me verra gratifié d'un rappel à l'ordre. Pourtant certains le savent : il est coriace l'animal. On se sent si libre quant les doigts n'ont pas trempé dans le pot de confiture.... Le coeur léger j'assume mes propos et mes dires. Aucun échafaudage ne sera assez haut pour me duper....comprenne les initiés.
C’est aussi cela la représentation de quartier à Puteaux, sympathique non ?
EPILOGUE D'UNE FIN ANNONCEE
Au final, cette expérience de deux ans environ n’a pas vraiment bouleversé mon emploi du temps ni changé mon opinion sur ce premier pas de « démocratie participative ». Soyons honnêtes : cette Représentation de Quartier aussi bien enveloppée qu’elle soit n’a aucune utilité pour les citoyens de la Ville de Puteaux, et ne peut servir de modèle d’écoute et de participation à la majorité municipale.
Le 31 décembre 2006, j’ai choisi de remettre ma couronne de lauriers entre les mains de celle qui me l’avait décernée quelques mois plutôt. Par cohérence avec moi-même tout d’abord, estimant avoir prêté mon nom assez longtemps à un écran de fumée démocratique. Par déontologie ensuite, car même si je suis membre effectif de l’opposition je met tout d’abord en avant la nécessité de replacer les citoyens de Puteaux au cœur de tout projet politique.
MON COMBAT, MES AMIS, MES ENNEMIS…MES ENNUIS
Certains sont tentés de croire ou de laisser croire que je prétends à de futures responsabilités à Puteaux. Je n’ai jamais caché mon envie d’avoir la fierté d’être élu un jour Conseiller Municipal.
Quelque soit mon avenir, je ne sacrifierai pas ma liberté de parole pour quelque avantage que ce soit. Je ne demande rien, je ne revendique rien et je n’attends rien.
Je reste convaincu en revanche que les habitants de Puteaux méritent une ville où règne un climat d’entente cordiale et de respect mutuel.
Une ville où chacun s’exprime librement dans l’exercice de son art ou de sa passion. La ville dispose d’atouts et d’infrastructures impressionnantes…sclérosés aux ordres préalablement déterminés en haute sphère.
Elle mérite mieux que de s’étendre dans les colonnes des quotidiens à la rubrique judiciaire ou insolite. Elle construit des murs là où devraient s’élever des ponts. Elle se referme sur elle-même alors que la logique prône l’ouverture aux autres, au brassage, au métissage et à la diversité.
Cette ville a besoin de sang neuf avec des conseillers municipaux qui ne se contentent pas de dire amen aux décisions prises par son Maire. Chaque Conseiller a un devoir de résultat envers les citoyens qui l’ont élu, même sur une liste proportionnelle. Un Conseil Municipal où seuls le Maire et la Conseillère Municipale d’opposition s’expriment, n’est pas ma vision d’un démocratie apaisée.
Un Conseil Municipal où des citoyens conspuent et insultent d’autres citoyens, n’est pas un Conseil Municipal digne et respectueux des usages républicains.
Les habitants de cette ville ont besoin que l’on s’occupe d’eux et que l’on s’attache à les servir loyalement sans demander s'ils ont bien pensé à s’inscrire sur les listes électorales.
Les putéoliennes et les putéoliens sont des gens simples qui aspirent à la tranquillité et souhaitent vivre dans une ville qui leur ressemble. Cette cité endormie où l’activité s’éteint dès 20 heures. Cette cité perdue où les gens ne disposent d’aucun point de rencontre pour échanger et discuter. Cette cité oubliée aspire demain à se réveiller.
Maintenant parlons clairement. Il n’est pas question de remplacer un système par un autre système. Il est question de projet, de vrai projet, qui offre de nouvelles perspectives de développement pour cette ville si riche en tout point de vue.
Le pari est risqué, mais je ne peux résoudre à l’idée qu’au nom de velléités personnelles, d’acquis instables ou d’avantages empoisonnés, certains citoyens se risquent à soutenir un « régime » qui n’honore pas la République.
J’exagère selon vous ? Et pourtant, certains à Puteaux ont vendu leur âme au diable. Je me sens plus à l’aise à ma place qu’à la leur.
Le fait de s'exprimer, d'écrire et de parler provoque parfois des inimitiés. Tant mieux, même dans mon "camp" j'en suis victime et cela renforce ma détermination. J'ai toujours détester la bassesse et la médiocrité.
Nous en parlerons bientôt, en d’autres lieux…. Entre collaboration et coalition, mon choix est fait, place au projet et aux idées. Relevons ensemble le défi d'une ville meilleure, d'une ville à vivre !
Régis Sada
16:15 Publié dans Pourquoi ça existe ?, Pourquoi moi ?, Pourquoi politiser ? | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : démocratie participative, régis sada, puteaux, citoyen, ceccaldi raynaud, politique, christophe grébert





