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19 janvier 2007
Pourquoi les « justes de France » devaient entrer au Panthéon de la République ?
Il existe dans Paris un monument qui représente, plus que tout autre, le sens de mes modestes combats et des convictions que j’entends défendre chaque jour. Ce monument c’est le Panthéon.
Sous ce dôme reposent ou sont honorés pour l’éternité, les femmes et les hommes, qui par leurs combats, leurs actes et leur sens de la justice, ont fait honneur à la République et à la France.
Hier, et sous l’impulsion du Président de la République Jacques Chirac : Victor Hugo, Emile Zola, Jean Jaurès, Jean Moulin ou André Malraux, ont fait une place méritée aux 2.725 Justes de France.
On parle des "Justes", mais qu'est-ce exactement qu'un Juste ?
L'idée de « Justes des Nations » vient du Talmud (traité Baba Batra, 15 b). Au long des générations, il a servi à désigner toute personne non juive ayant manifesté une relation positive et amicale envers les Juifs.
Le Mémorial Yad Vashem décerne le titre de Juste des Nations aux non-Juifs qui pendant la Seconde Guerre mondiale et la Shoah ont aidé des Juifs en péril, au risque de leur propre vie, sans recherche d'avantages d'ordre matériel ou autre. Le titre de Juste des Nations est décerné sur la foi de témoignages des personnes sauvées ou de témoins oculaires et documents fiables.
Ces "Justes parmi les nations" sont honorés à Yad Vashem, à Jérusalem.
« Et je leur donnerai, dans ma maison et dans mes murs, un mémorial (Yad) et un nom (Shem) qui ne seront pas effacés » Bible, Isaïe 56
Pour moi, jeune et modeste citoyen, ces « justes » et tous ceux qui ont combattu la barbarie et la folie des hommes, méritent le respect et la reconnaissance infinie de la Nation.
Leur acte de bravoure demeure un exemple pour les générations d’aujourd’hui, en démontrant que la différence était une chance et que rien n’était au-dessus de la vie des hommes.
Ils « reposent » désormais en paix au Panthéon, permettant ainsi à chaque français de venir s’incliner devant les femmes et les hommes, qui ont rendu l’honneur de la France et de la République.
Régis Sada
PARIS - Jacques Chirac a présidé jeudi au Panthéon l'hommage de la Nation aux Justes de France, qui ramenèrent la "lumière" dans les "ténèbres" de la France occupée en sauvant des juifs d'une mort quasi certaine en déportation.
Le chef de l'Etat et Simone Veil, présidente de la Fondation pour la mémoire de la Shoah , ont dévoilé une inscription en leur honneur dans la crypte du monument où reposent des grands hommes comme Jean Moulin, Victor Hugo et Victor Schoelcher.
Dans un long discours prononcé en présence de centaines de Justes, de juifs sauvés et de nombre de leurs descendants, le chef de l'Etat a rendu hommage aux personnes "de toutes classes sociales, dans toutes les professions, de toutes les convictions" qui sauvèrent des milliers de juifs dans les "ténèbres" de l'Occupation.
"Quel courage, quelle grandeur d'âme il leur a fallu", a-t-il lancé avant de citer une phrase du Talmud : "Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier".
"Vous, Justes de France, avez transmis à la Nation un message essentiel pour aujourd'hui et pour demain : le refus de l'indifférence, de l'aveuglement", a-t-il ajouté.
Avant lui, Simone Veil avait elle aussi salué le courage des 2.725 Justes de France inscrits au Mémorial Yad Vashem de Jérusalem mais aussi de tous les anonymes "grâce auxquels les trois-quarts des juifs de notre pays ont échappé à la traque" en venant en aide à des gens qui n'étaient pour eux "rien d'autre que des hommes, des femmes et des enfants en danger".
Sur les quelque 75.000 juifs français déportés pendant la guerre, seuls 2.500 sont revenus, dont Simone Veil.
Douze ans après avoir reconnu la responsabilité de l'Etat français dans la déportation des juifs, Jacques Chirac a longuement dépeint le "cauchemar" de la France occupée, dénonçant "l'illusion tragique du recours (au maréchal Philippe) Pétain et le déshonneur de Vichy".
"En France, un sombre linceul de résignation, de lâcheté, de compromissions recouvre les couleurs de la liberté, de l'égalité et de la fraternité", a-t-il dit. "Soudain, devant (les) yeux incrédules (des juifs de France, ndlr), la République abdique, rend les armes à Pétain et à Laval, cède la place à une clique revancharde et haineuse".
INTRANSIGEANCE FACE A L'EXTREMISME
Le discours de Jacques Chirac a été précédé de la projection d'un film de la cinéaste Agnès Varda et suivi d'un concert de poèmes de Paul Eluard sur une musique de Francis Poulenc.
La cérémonie s'est déroulée en présence du chef du gouvernement, Dominique de Villepin, de plusieurs ministres dont Nicolas Sarkozy et des anciens Premiers ministres Lionel Jospin et Laurent Fabius. Le président de Yad Vashem était présent, ainsi que les hauts représentants de toutes les confessions religieuses.
Dans son intervention, Jacques Chirac a souligné l'aspect contemporain du message des Justes, dont le combat "pour la tolérance et la fraternité, contre l'antisémitisme, les discriminations, le racisme, tous les racismes, est un combat toujours recommencé".
A trois mois de la présidentielle, le chef de l'Etat a aussi mis en garde contre les extrémismes et les tentations négationnistes.
"Si l'on transige avec l'extrémisme, il faut bien le mesurer, on lui offre un terreau pour prospérer, et tôt ou tard on en paye le prix", a-t-il prévenu. "Face à l'extrémisme; il n'y a qu'une attitude : le refus, l'intransigeance".
L'inscription dévoilée dans la crypte du Panthéon commence par ces mots : "Sous la chape de haine et de nuit tombée sur la France dans les années d'occupation, des lumières, par milliers, refusèrent de s'éteindre".
Le Panthéon sera ouvert gratuitement au public du 19 au 21 janvier.
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