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28 décembre 2006

Pourquoi dans les prisons françaises, le viol est considéré comme une forme de sexualité ?

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Les conditions de détention dans notre pays ont été jugées inacceptables par le Commissaire Européen aux Droits de l’Homme.

En cette période de fêtes, je souhaite sensibiliser nos dirigeants et les citoyens sur certains qui restent cachés derrière les murs des prisons.

Choquons un peu les consciences, juste après Noël parlons de la sexualité dans les prisons.

Ci-dessous, un texte trouvé sur le net et particulièrement fidèle à la réalité vécue. Tout ce qui est écrit existe et rien n’est fait pour y mettre un terme.

Si le droit des victimes doit-être respecté, la République doit assurer à ces femmes et ces hommes privés de liberté un minimum de dignité.

Dernier point : les parlementaires français ont un accès illimité aux prisons, ils sont rares à utiliser ce droit pour juger des conditions de vie de nos détenus. C’est vrai pour récolter des voix, s’afficher à côté de détenus restera toujours moins vendeur que d’être vu à côté de chômeurs ou de SDF. Merci pour ça aussi…

La sexualité en prison est un élément de pouvoir. Le désir a disparu pour laisser place au sexe comme outil de domination

Il n'est pas question d'extrapoler et de délirer : la prison parce qu'elle est un système d'enfermement induit des comportements, mais ne voyons pas dans chaque détenu un ou une homosexuel(le). D'ailleurs les campagnes de sensibilisation au SIDA et maladies sexuellement transmissibles sont la plupart du temps vécues comme une information pour l'après détention. Les préservatifs ont pour bon nombre de détenus cette fonction, cette représentation.

Néanmoins, la prison peut également être un lieu de violence et de violences sexuelles. De nombreux sociologues dont Daniel Welzer-Lang, Lilian Mathieu et Michaël Faure ont décrypté ce phénomène. Pour eux, la sexualité en prison n'est pas nécessairement une sexualité palliative due à l'absence du partenaire de sexe opposé. Elle trouve toute sa place dans une mécanique de pouvoir qui s'installe dans un mode coercitif.

Une organisation sociale hiérarchisée existe en prison et les caïds établissent leur pouvoir en se faisant respecter par les hommes faibles, dans lesquels sont classés les homosexuels ou ceux qui sont perçus comme tels. En échange d'une protection physique et d'avantages, les hommes dits faibles servent d'objet sexuel pour leur caïd. Les témoignages montrent qu'il s'agit rarement d'un rapport motivé par la recherche du plaisir tant pour le caïd que pour son partenaire. Pour ce dernier, ce rapport est vécu comme une forme particulière d'abus sexuel, zone frontière entre le viol et la prostitution. Pour le caïd, il s'agit d'affirmer sa puissance. Il est révélateur de constater que le plaisir sexuel disparaît de la prison : perte du désir et perte du plaisir confirment que la sexualité n'est qu'un outil. Les "pointeurs" (ceux qui sont condamnés pour viol), qui se trouvent au bas de l'échelle sociale des prisonniers, sont soumis à la plus grande violence dans les prisons.

Notons que la présence de caïds et l'autorité sur ces caïds vaut par délégation autorité sur l'ensemble de la prison pour les gardiens. Ce lien entre matons et caïds fonctionne et repose sur l'homophobie : les gardiens gratifient les hommes forts pour le respect des règles de paix sociale dans la prison, les hommes forts gratifient les hommes faibles sous leur contrôle; et les éléments perturbateurs sont désignés comme homosexuels. Cette autorité peut être un enjeu de pouvoir du gardien sur le caïd : de part son statut, il pourra obtenir un accès plus fréquent aux douches, aura plus régulièrement des droits de visite au parloir. Il pourra même bénéficier d'une relative tranquillité de la part du gardien : ce qui permet d'établir des relations rapprochées ou des relations sexuelles avec sa compagne lors d'un parloir. Il s'agit bien du pouvoir : un individu détient ce pouvoir et peut l'exercer ou non. Quand il s'exerce : il n'est pas gratuit ou philanthropique !

Dans ce contexte, la dénonciation des abus sexuels est surréaliste. Selon plusieurs études menées en France entre 1988 et 1989, plus du quart des détenus reconnaissaient des rapports homosexuels durant leur détention. La honte et la volonté d'oublier rendent les témoignages difficiles. Ce chiffre souligne le péril social, affectif qu'engendre notre système carcéral. Il n'est pas exagéré de parler de péril affectif ou social en prison.

La prison n'est pas un monde à part : c'est une société qui reproduit les structures générales liant pouvoir et sexe. On y retrouve un prolongement de l'ordre socio-économique établi : les détenus issus de statut social élevé, tels les politiques, les personnalités médiatiques ou grands industriels ne sont pas soumis à la loi du caïdat. Les personnes riches en prison évitent de "cantiner" et le travail sous-payé. La prison apparaît comme un prisme révélant les différences sociales, qui épargne relativement les plus aisés, mais accroît les difficultés des autres.

"Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants", pourtant…

Tony Ben Lahoucine

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