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27 décembre 2006
Pourquoi les français se feront avoir en 2007 (encore une fois) ?
Les français aiment la politique, l’ont toujours aimé et l’aimeront toujours. Déçus des décisions, des manquements à la parole et de l’intelligence de ses représentants, les français rient de leurs hommes politiques qui les cocufient chaque jour un peu plus. C’est devenu une habitude, un jeu rituel de chaises musicales qui trouve son apogée à chaque élection. Les pions évoluent mais les dés pipés donnent toujours que le résultat final est connu à l’avance.
Ne souriez pas, car c’est cela la démocratie française : le remake du théâtre de Guignol.
Les français aiment les grands hommes qui guident leur destinée. Héritage de l’après-guerre, les français sont longtemps restés fidèles au Général de Gaulle. Puis il y eu Georges Pompidou, une larme de Valéry Giscard d’Estaing (jeune à l’époque) et l’arrivée de « tonton » (François Mitterrand) en 1981.
Ces hommes étaient très différents – physiquement et politiquement – mais ils donnaient l’image d’une France fière de ses valeurs, de ses acquis, de sa puissance industrielle et de sa place dans le monde.
Ajoutons quelques grands noms comme : Messmer, Mendes France, Chaban-Delmas, Veil, Badinter, Garraud, et nous obtenons le « Panthéon » de celles et ceux qui ont laissé une trace dans l’histoire politique de notre pays.
Le monde parfait ? Oui, certainement, sauf que les citoyens français de cette « ère » ne disposaient d’aucune source d’information libre et indépendante. Ce n’est que sous la présidence de François Mitterrand que les français ont découvert chaque jour un peu plus qu’ils vivaient dans un pays rustique, vieillissant et gangréné par un personnel politique incompétent.
Depuis 1985, notre Parlement abrite ce que la démocratie à produit de plus mauvais. Jacques Chirac bien qu’anobli par une double présidence et un physique avantageux, demeure comme l’un des fossoyeurs majeur de la classe politique que je considère comme maudite. Les français ont suivi et soutenu l’ascension de l’éternel « gendre idéal ». Sa présidence de 12 ans bien que mitigée a réussi à faire oublier le « bruit et l’odeur », les affaires diverses et variées de la Mairie de Paris et la fameuse « fracture sociale » bien plus béante qu’en 1995. Le passé reste le passé et Jacques Chirac ne sera jamais présenté devant ses juges. Quelle importance, les français voudront tourner la page et le laisser s’en aller. On ne remue pas le purin car cela sent toujours mauvais, même 20 ans après !
A travers les siècles, magouilles et autres intrigues politiques ont toujours existé, mais elles avaient le mérite d’être faîtes dans l’honneur et dans la classe. Une fois démasqué ces hommes « d’honneurs » se retiraient (comme Alain Carignon en prison avant de se représenter à Grenoble), s’exilaient (comme Alain Juppé avant de revenir blanchi du Canada) ou se suicidaient (là il faut pousser plus loin dans l’histoire…).
Aujourd’hui, avec le blanc-seing de certains citoyens complices, ces femmes et hommes défroqués retrouvent après une courte période d’effacement, les fastes et les honneurs des palais nationaux.
Depuis le fameux tournant de la rigueur initié en 1983, les français ont connu le virage en tête d’épingle dans les années 90 avec l’arrivée de nouvelles sources d’informations laissant apparaître un constat affligeant de l’état économique et social de la France.
Dès lors, les grands hommes, les grands présidents sont entrés dans l’histoire et nous conservons en guise de « classe politique », les résidus de fond de cuve…. Rififi et Patachon, Laurel & Hardy, Bonnie & Clyde, Castor et Pollux… A droite comme à gauche c’est un festival de gaulois et de poltrons aussi risible les uns que les autres.
Comme toute campagne électorale qui se respecte, 2007 offrira sont lot d’espoirs déçus, de promesses insensées, de mensonges cachés. Nicolas Sarkozy vous présente sa France d’avant-hier et Ségolène Royal donne la vision de la France d’après-demain qui sera déprogrammée…comme sur TF1 !
Connaissez-vous les « coupables » qui ont permis cela ? Les françaises et les français !
Pourquoi ? Car l’on a toujours la classe politique que l’on se choisi et que l’on mérite !
Pour sauver ce qui peut encore l’être, les français ont changé de méthode de contestation. En 1789, ils ont fait la révolution par le sang en coupant la tête de leurs bourgeois et de leurs dirigeants, en 1968, ils ont fait la révolution par la rue en défilant et en criant à plus de liberté et en 2002, ils ont fait la révolution par les urnes en votant massivement pour l’extrême-droite sans croire à ses idées mais en l’utilisant comme bouclier.
En 2003, les français se sont reposés. En 2004, ils ont donné 22 régions sur 24 à la gauche lui laissant croire qu’elle incarnait son espoir face à la droite. En 2005, ils ont fait un bras d’honneur à Jacques Chirac et aux leaders politiques UMP et PS en votant NON au TCE (se tirant tout de même une grosse cartouche dans le pied).
Cette année (2006), ils se sont amusé des diatribes de l’affaire Clearstream et du mélodrame joué entre Nicolas et Cécilia Sarkozy, et ont toussé devant le foisonnement d’idées et d’individualités qui a agité le microcosme d’une gauche aigrie et revancharde.
Ils disposent désormais des acteurs autos-désignés pour le grand bal de la Présidentielle 2007 :
· Le duo de trompettistes Le Pen & Mégret, qui joueront « Lily Marlène » sur une réécriture de Dieudonné.
· Le « Bouffon du Roi », Philippe de Villiers, qui comptera sa dernière croisade en Terre Sainte.
· Le jongleur et équilibriste troll de Hongrie, Nicolas Sarkozy accompagnés de sa compagnie de moutons savants.
· Le bègue en pilou des Pyrénées, François Bayrou.
· La junkie reconvertie, Dominique Voynet et ses amis du club tournesol.
· Esméralda du Poitou (Ségolène Royal) et son quasimodo « Flamby la clochette », François Hollande bien entendu.
· La reine de la faucille et du marteau, Marie-Georges Buffet et ses alter-cocos de la paysannerie.
C’est un bien beau plateau qui s’étalera sur nos écrans de télévision dès le 1er janvier et pendant quatre longues semaines. Ce laps de temps sera nécessaire pour jouer leur numéro et nous faire croire à une France meilleure.
Ils analysent, ils voient, ils pensent et comme disait Coluche : « ils s’autorisent à penser dans les milieux autorisés ». Comme par habitude, ils seront proches des gens et des petits jusqu’à ce qu’ils retrouvent les ors de la République. Une fois les valises des uns bouclés et les cartons déballés pour les autres : ils oublieront nos problèmes.
En scrutant l’Histoire française du XXème siècle, personne ne peut nier que le destin de la France a été tracé par quelques personnages dotés d’une forme avouée de courage ou de génie politique.
Personne ne peut nier non plus que les grands bouleversements sociaux (Laïcité, Ecole Laïque, droit de vote des femmes, IVG, abolition de la peine de mort…), que toutes les grandes avancées sociales (congés payés, fin du travail des enfants, sécurité sociale, minima sociaux…) ont fait l’objet de vraies batailles, de vrais débats, menés par des femmes et des hommes de conviction.
Cet héritage, ce patrimoine, n’est pas de notre fait ou de nos combats récents (comme le disent certains syndicalistes ou gauchos-populos de circonstance). Nous ne sommes que les bénéficiaires de prestations ou d’un système revendiqué et mis en place par des femmes et des hommes de courage et de convictions. Des femmes et des hommes d’honneurs qui méritent notre respect.
Par respect pour ces gens qui se sont battus pour obtenir ces acquis, notre devoir aujourd’hui est d’accepter quelques contraintes et quelques réformes certainement douloureuses, pour préserver, sauver et transmettre ce patrimoine exemplaire à nos générations.
Il n’est pas acceptable que nous laissions payer nos dettes actuelles aux français de demain, et de conforter une classe politique qui choisi le renoncement plutôt que l’action.
Il n’est plus tolérable de refuser que notre modèle social soit réajusté sur la population active actuelle, et que certains soient contraints de céder quelques « acquis »…bien mal acquis ne profite jamais !
Qui peut prétendre faire la distinction entre une idée de droite et une idée de gauche, quant les « porteurs d’étiquettes » se hasardent sur les terrains des voisins.
Il est temps de dire la vérité aux français. Il est temps que les citoyens comprennent que voter n’est pas suffisant. Nos élus sont nos obligés et ne sont là que par la volonté du peuple.
La République ce n’est pas qu’un acquis. La République n’est pas un jouet. La République c’est l’association de femmes et d’hommes libres qui se battent pour elle.
La France mérite des élus et des citoyens responsables et actifs. Si la société s’est abimée et dégradée, c’est le fruit d’une responsabilité partagée entre des élus avides de pouvoir et des citoyens négligents.
Le 22 avril 2006, au premier tour de la présidentielle, je ne serai pas un citoyen aveugle, mais un citoyen exigeant et engagé. Au jour d’aujourd’hui, même membre du Parti Socialiste (pour combien de temps encore), je ne sais pas quel candidat obtiendra ma voix.
Si je ne suis pas dupe des retournements de veste de Nicolas Sarkozy, je suis furieux du bal des pantins (ou des crétins) socialiste qui pense que Ségolène Royal est la nouvelle Mère Térésa. En citoyen exigeant, j’attends autre chose que des constats. Si le discours des deux « grands » se borne à dire aux français : « c’est pas bien du tout »…ce sera juste et plein d’incertitude pour le futur proche.
Une question reste en suspens : quelle forme prendra la prochaine révolution française ?
15:08 Publié dans Pourquoi ça existe ?, Pourquoi moi ?, Pourquoi politiser ? | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : politique, régis sada, présidentielles 2007, ump, ps, udf, jeunes populaires





