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05 décembre 2006

Pourquoi en France : l’Eglise Catholique devient-elle intolérante et extrémiste ?

medium_christ.jpgDepuis le début du IIIème millénaire marqué par la fin du pontificat de Jean-Paul II et l’arrivée de Benoît XVI, beaucoup estiment que l’Eglise Catholique dérive et tente de reprendre la main sur un terrain plus politique que spirituel.

L’Italie, habituée aux « sorties » médiatiques de leur micro-voisin du Vatican, ne s’est jamais inquiétée de l’ingérence perpétuelle de l’Eglise Catholique dans ses affaires internes. En France, c’est moins évident du fait de la loi de 1905 de séparation de l’Eglise et de l’Etat – dite loi sur la Laïcité – qui est aujourd’hui malmenée par une curie revancharde.

Pas besoin de rentrer dans les détails pour énumérer les sujets sur lesquels le Conseil des Evêques de France s’est prononcé sans que personne ne lui ai demandé son avis.

La règle N°1 de ces « ultras », c’est de combattre tout ce qui peut être choquant pour les croyants catholiques. Cela va de : le combat contre l’I.V.G.,  la capote dans les lycées, au string des jeunes filles, au mariage homosexuel…..

Tout est sujet à contestation : les cathos doivent s’ennuyer sévère tant la parole du Christ est interprétée comme au bon vieux temps de l’Inquisition.

Une chance : le bûcher n’existe plus. Un homosexuel hérétique corrompu comme moi ce serai vu grillé comme un poulet…. :o)

De dérapages en dérapages, l’Eglise Catholique française s’est radicalisée car infiltrée par des groupes voyants et encombrants de religieux fanatiques souvent membres d’associations « pro-vie ». Sur le plan politique, Philippe de Villiers et Jean-Marie Le Pen sont leurs mentors (tiens donc….).

Sans aucun complexe, l’Eglise Catholique décide à la surprise générale de s’attaquer au Téléthon ! Rien de moins. Invoquant une dérive « eugéniste », elle appelle les fidèles à la mesure et tente d’intégrer le comité d’éthique de l’AFM et du Généthon afin d’y placer des militants….pas très catholiques et « pro-vie ».

Cette affaire relève d’un scandale, et l’Eglise Catholique se trouve au cœur de cette polémique à huit jours du 20ème anniversaire du Téléthon. Désavouée par bons nombre de fidèles et par l’AFM, c’est le Ministre de la Santé lui-même qui complète cette levée de boucliers. Quelques hauts dignitaires français contestent cette atteinte à la morale chrétienne.

Dans le même temps, cette même Eglise Catholique peine à reconnaître ses erreurs du passé (durant la guerre) et n’accepte toujours pas le principe du préservatif pour lutter contre le SIDA, alors que la pandémie sévit sur la planète.

Les républicains et les laïcs de tout horizon devront rappeler aux candidats de la future élection présidentielle, qu’ils tiennent à ce que la France ne soit pas transformée en République Catholique. Cette maladie là, ne passera pas par moi.

La France est une République laïque qui reconnaît toutes les croyances et qui les protègent. Pour le reste : chacun doit rester à sa place bien au chaud dans sa chapelle !

Comme en politique : quant on refuse de regarder les évolutions et de constater que le monde d’aujourd’hui n’évolue pas toujours comme dans les livres, il faut tenir un discours raisonné et raisonnable.

L’Eglise Catholique en refusant toute évolution, porte un coup sérieux au crédit qu’elle peut avoir auprès de ses fidèles. Si elle est aujourd’hui marginalisée sur le continent américain (nord et sud), c’est qu’elle ne tient plus un discours en rapport avec le monde moderne.

Cet « accroc » volontaire de l’Eglise Catholique vis-à-vis du bien fondé des recherches menées par les dons du Téléthon ont même indigné Jacques Chirac. Le Président de la République a défendu le Téléthon et le bien fondé de la recherche génétique strictement encadré.

Notre société est fragile. Elle manque cruellement de stabilité. Chacun doit rester dans son rôle et ne pas ajouter de polémique inutile.

Je vous invite à la lecture d’un article paru il y a quelques jours dans le Journal Le Figaro, qui reprend exactement les données du problème :

ARTICLE DE LAURENT SUPLY (LE FIGARO – 30/11/2006)

Quel est le cœur de la polémique ?

Certaines voix au sein de l’église contestent le financement par l’argent du Téléthon de projets de recherche mettant en jeu des embryons humains. Selon eux, deux techniques en particulier sont symptomatiques d’une dérive eugéniste.

Le diagnostic prénatal (DPN) permet de détecter chez un fœtus encore présent dans l’utérus de sa mère certaines maladies, de la même façon qu’il est possible de connaître à l’avance le sexe de l’enfant. En France et dans d’autres pays, le droit à l’avortement permet donc à des parents de choisir de ne pas faire naître un enfant trisomique ou atteint d’une autre maladie.

Une technique similaire, le diagnostic préimplantatoire (DPI), permet aux couples qui recourent à la fécondation assistée de choisir quels embryons seront réimplantés chez la femme. Actuellement, une trentaine de maladies rares peuvent être « filtrées » par ce biais. Une centaine de DPI sont effectués chaque année en France, qui aboutissent à une vingtaine de naissances. Le premier bébé sélectionné par DPI est né en novembre 2000.

Enfin, le Téléthon finance également la recherche sur les cellules souches embryonnaires. L’I-Stem (Institut des cellules souches pour le traitement et l’étude des maladies mono géniques) est ainsi financé à hauteur 1 million et demi d’euros par l’Association française contre les myopathies (AMF). Ce centre travaille notamment sur des embryons porteurs de maladie géniques « écartés lors du diagnostic préimplantatoire ». Or, la recherche sur les cellules souches embryonnaires nécessite souvent la destruction des embryons.

 

Quels sont les arguments de l’église ?

Il s’agit d’abord d’une question de principe : le droit « fondamental et primordial » à la vie de l’être humain, depuis sa conception jusqu’à son dernier souffle. Cette position qui n’admet « ni compromis, ni tergiversation » est le principe fondateur de l’opposition de l’église à l’avortement, à la contraception, et à la recherche embryonnaire. Le Pape Benoît XVI rappelait le 16 septembre cette « limite infranchissable ».

Concernant le DPN et le DPI, l’Eglise craint en particulier ce que Jean-Paul II appelait un « nouvel eugénisme sélectif », c'est-à-dire une généralisation du tri des embryons pour aboutir à une société où ne naîtraient que des « enfants parfaits ».

Enfin, elle répète qu’elle n’est en rien opposée à la recherche scientifique, mais estime que « la juste fin ne peut jamais justifier des moyens intrinsèquement illicites ». En clair, elle ne souhaite soutenir que des projets conciliant l’objectif scientifique et l’impératif moral.

Benoit XVI et d’autres figures ecclésiastiques soulignent d’ailleurs que les recherches sur les cellules-souches adultes (de la moelle osseuse ou du cordon ombilical, par exemple), sont bien plus prometteuses que celles sur les cellules embryonnaires.

 

Que peut faire l’église ?

L’église peut agir à plusieurs niveaux. Elle appelle ses fidèles à « s’informer » sur les tenants et aboutissants bioéthiques des recherches qu’ils souhaitent financer. En parallèle, elle demande aux organisations bénéficiaires des dons une « transparence » : « des groupes se mobilisant pour le Téléthon pourraient dire : ‘Nous voulons bien contribuer à la collecte, mais pas pour faire n’importe quoi’ », déclarait récemment Mgr Vingt-Trois, l’archevêque de Paris.

Par le passé, le Vatican a déjà décidé de couper les vivres à certaines ONGs. Ce fût le cas en 1996, lorsque le Saint-Siège annula sa « contribution financière symbolique annuelle » à l’Unicef, au motif que l’organisation prenait des positions pro-contraception ou avortement dans certains documents.

Et le cardinal Martino, président du conseil pontifical « Justice et Paix », menaçait en juin dernier Amnesty International de cesser le soutien et la promotion si l’ONG quittait sa neutralité pour se prononcer en faveur de l’avortement. 

Mais certaines voix catholiques s’opposent déjà à toute mesure de rétorsion vis-à-vis du Téléthon. Mgr Michel Dubost, évêque d'Évry et frère d’un myopathe, estime dans La Croix qu’il faut « accepter que l'éthique chrétienne ne soit plus, à elle seule, celle qui soutient et anime l'éthique de la société », a-t-il souligné hier dans La Croix. Tout appel au boycott serait « d'une gravité exceptionnelle et contre la morale chrétienne ; il découragerait les donateurs, les malades et les familles », souligne pour sa part Jean-Christophe Parisot, diacre à Amiens et myopathe.

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Le Figaro