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30 novembre 2006
Pourquoi les discriminations ?
Je vous invite à la lecture de cette information très intéressante sur le mal-être ressenti par les adolescents. Ils estiment à juste titre qu’ils sont plus souvent victimes d’insultes vexatoires que d’injustice sociale.
J’entends souvent parler d’éducation, de travail et de valeurs familiales de la part de nos élites politiques. Ces gens qui vivent hors des réalités des français d’en bas, oublient sans doute que les gens aspirent avant tout à vivre leurs différences dans un climat de respect réciproque.
Je suis favorable à un renforcement des sanctions pour un manquement d’éducation des parents vis-à-vis de leurs enfants, et à une Ecole qui porte des valeurs civiques et citoyennes au-delà du simple savoir.
Si nous voulons construire demain une société plus juste, plus égalitaire, il est indispensable que nous disposions d’un socle commun où chaque citoyen trouve sa place.
Si je suis aussi touché par cette enquête, c’est sans doute que je ressens aujourd’hui le poids des difficultés que j’ai cumulé – comme beaucoup d’autres – durant mon enfance : milieu modeste, obésité et….homosexualité.
Le seul moyen d’avancer, c’est d’accepter des différences et d’apprendre à nos enfants que pour être respecté, il faut savoir respecter les autres.
La souffrance morale est souvent plus dure à surmonter que la souffrance physique. Si le suicide reste l’une des première cause de mortalité des plus jeunes, c’est aussi parce qu’à un moment de leur existence, ils se sont sentis oubliés de cette société et de cette République.
Les enfants sont méchants entres-eux paraît-il, les adultes aussi…
Une prise de conscience générale est indispensable dès maintenant. Les mots tuent aussi….parfois.
Dans les sources de conflit relationnel, les jeunes mettent davantage l'accent sur les vexations, moqueries ou insultes, visant notamment leur apparence physique, que sur les injustices ou les droits qui leur sont refusés, selon l'étude d'un chercheur associé à l'Insee.
Les jeunes se sentent plus souvent victimes de "stigmatisations" que d'"injustices", précise Olivier Galland, chercheur au CNRS, dans son étude tirée d'une enquête de l'Insee "Histoires de vie". Les jeunes invoquent plus souvent des motifs liés à l'apparence que ceux ayant trait à leur situation économique et sociale.
"La construction d'un style où l'apparence physique et vestimentaire tient une grande place, est devenue une composante essentielle de l'identité de beaucoup d'adolescents", souligne l'étude, en précisant d'entrée de jeu qu'il ne s'agit pas de mesurer objectivement les discriminations subies, mais d'étudier les réponses à une série de questions sur les "relations avec les autres".
Les jeunes, spécialement entre 12 et 15 ans, font preuve d'une sensibilité particulière aux "moqueries" et aux "insultes", dont 65% de celles qui ont "eu des conséquences" ont été proférées à l'école.
Les faits plus graves, mais aussi plus rares, comme subir une injustice ou se voir refuser un droit, sont ressentis plus tard --dans la jeunesse plutôt que dans l'adolescence-- et ont beaucoup moins souvent (deux fois moins environ) l'école ou l'université pour cadre.
Les femmes de 18-30 ans se disent beaucoup plus victimes (40,2%) que les hommes du même âge (27,5%) de moqueries ou d'insultes. Les proportions tombent respectivement à 17,2% et 17,3% pour les plus de 30 ans.
Les premières causes de stigmatisation évoquées -corpulence ou taille, façon de s'habiller- sont surreprésentées chez les jeunes par rapport aux adultes. Corpulence ou taille ainsi que "look" sont ainsi cités par 23% des jeunes (9% d'adultes).
19% des filles se disent moquées pour leur physique contre 12% pour les garçons. Les normes physiques sont différentes, voire opposées, pour les garçons et les filles: ce sont les jeunes filles corpulentes qui se plaignent le plus de remarques sur leur physique tandis que, côté garçons, ce sont les petits et les maigres.
L'étude souligne aussi que les jeunes ayant subi "des moqueries ou des brimades relatives à leur apparence physique" vivent plus souvent seuls que les autres jeunes (18% sont dans ce cas, contre 13% de ceux qui déclarent avoir connu d'autres types de stigmatisations ou discriminations).
Par ailleurs, l'enquête confirme que les tensions identitaires liées à l'apparence vestimentaire sont plus aiguës parmi les jeunes ayant vécu en cité.
15:11 Publié dans Pourquoi ça existe ?, Pourquoi moi ?, Pourquoi politiser ? | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : politique, jeunesse, discriminations, ps, ump, udf, jeunes populaires





