29 juin 2009

Pourquoi Martine Aubry a écrit aux militants socialistes ?

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Comme tous les militants du Parti Socialiste, j'ai reçu la semaine dernière la lettre de la Première Secrétaire Martine Aubry, datée du 19 juin 2009, consécutive au résultat très préoccupant obtenu par le PS lors des dernières élections européennes.

Le début de ce courrier débute par un constat sans équivoque : « le résultat du scrutin du 7 juin a été un échec pour notre parti » suivi par : « je connais le découragement voire la colère de certains d'entre-nous après nos échecs successifs aux élections présidentielles et législatives que n'ont pas fait oublier nos succès locaux ».

Je ne cache pas ma surprise du ton général employé dans ce courrier. Ce dernier est volontairement dramatique et tranche avec la rengaine servie de longue date par l'establishment du je vais bien tout va bien habituellement servi comme plat de résistance aux militants.

Nous ne sommes pas ici dans la câlino-thérapie utilisée pour calmer les voix discordantes ou les éléments agités. Ce courrier peux presque être considéré comme une thérapie de choc lorsque l'on peut lire que le PS à travers la social-démocratie qu'il entend incarner a, comme partout ailleurs en Europe, faibli sur ses valeurs et été dans l'incapacité de renouveler ses réponses !

Martine Aubry semble avoir entendu les griefs, mais surtout les attentes immenses, que les français ont souhaité exprimer à travers leur vote de défiance vis-à-vis du PS en apportant beaucoup de voix à la liste Europe Ecologie. Je lui concède la valeur de cette analyse lorsqu'elle écrit vouloir rebâtir le lien de confiance, souhaiter une rénovation du PS au-delà du simple replâtrage en changeant les pratiques et refondant tant le projet lui-même que le Parti Socialiste.

Par la voix de sa Première Secrétaire, les dirigeants du PS ont semble-t-il compris la nécessité d'orienter le discours sur le principe que notre modèle de société dans son entier doit être refondé. C'est une preuve supplémentaire que le PS est resté trop longtemps enfermé dans ses certitudes et qu'il n'avait saisi le besoin de construire un projet qui ne base pas sa rhétorique sur de simples constatations, de vagues incantations, mais qui dresse une liste détaillée d'un traitement de choc à appliquer pour se séparer de ce qui ne fonctionne plus au profit de réponses adaptées à la réalité vécue par les français. Cette réalité semble s'acheminer vers la doctrine nouvelle de « société du bien-être ».

Martine Aubry évoque l'ébauche des nouvelles questions qui se posent : nécessité d'accumuler des biens, construction d'un système innovant assurant l'emploi et une juste répartition des richesses, création de nouveaux services pour garantir la qualité de vie, conditions de travail et de respect de la planète dans une société tournée vers le numérique. Une révolution de la sémantique qui fait du bien aux oreilles....

marianne_ancienne.JPGLe point qui m'a sans doute le plus rassuré, c'est cette nécessité enfin assumée à gauche et au PS en particulier de se poser la question suivante : « Comment faire vivre la France, ses valeurs, son identité, sa laïcité et son pacte républicain et mieux assumer notre diversité ? » ! Ici c'est une adhésion pleine et entière après des années noires où le PS a continué d'évoquer honteusement la question de « l'intégration » alors qu'il avait lui-même initié une loi -contrastée certes- mais qui donnait une primauté du droit du sol à celui du sang, et qui avait lâchement abandonné certains symboles à la droite voire à l'extrême droite notamment ceux de l'identité et de la défense de nos valeurs républicaines.

En relisant le cheminement politique et Parlementaire qui a conduit à l'élaboration de la loi dite de séparation des Eglises et de l'Etat en 1905, personne ne peux oublier, personne ne doit oublier que la gauche dans toute sa diversité, a été et est au cœur de ce que la République incarne. Si la gauche récente a connu autant de déconvenues électorales c'est aussi car elle a oublié les fondements mêmes de ce qui la caractérisait à ses débuts. Elle a transigé dans ses valeurs, elle a renoncé à ses devoirs, elle a failli à la parole donnée. La gauche s'est donc repliée sur elle-même et elle a perdu toute crédibilité aux yeux de siens en les faisant douter.

Le courrier de Martine Aubry ne se contente de jouer sur la sémantique en mettant à niveau son logiciel jugé désuet, il replace également l'appareil PS face à ses propres responsabilités en évoquant l'arrogance qui a été la sienne dans sa volonté d'hégémonie suicidaire d'une gauche aujourd'hui morcelée. Oui, le rassemblement de toutes les gauches est possible sur la base d'une Maison commune de toute la gauche qu'elle appelle de ses vœux. Une Maison qui accouche d'un projet commun et d'une stratégie commune pour 2012. Une Maison qui regroupe toutes celles et tous ceux qui pensent la voie empruntée par l'UMP et Nicolas Sarkozy n'est pas la meilleure en se bornant simplement à la critiquer sans proposer une alternative crédible et audible.

La question de primaires ouvertes pour la désignation d'un candidat commun à toute la gauche est également posée. J'ai signé l'appel de Pierre Moscovici qui va dans ce sens. Le PS ne peux pas, le PS ne doit pas sous peine de disparaitre, resté cloisonné et enfermé dans une décision qui n'appartient plus aux seuls militants du parti. Cette question appelle également la question du renouvellement des têtes du Parti Socialiste et du mode de désignation de ses candidats qui sont aujourd'hui malheureusement, le fruit de combines et d'ententes préalables entre motions et baronnies locales. La redéfinition des alliances électorales devront également être synonyme de renouvellement et d'ouverture actées sur des considérations locales et non nationales.

Avec l'annonce de la candidature de Manuel Valls ce matin pour les élections présidentielles de 2012, il semble qu'une nouvelle génération ne souhaite plus laisser le parti aux mains de ceux qui l'ont accaparé et donc détourné de celles et ceux à qui celui-ci était destiné. Un PS qui parle à tous les français c'est presque une surprise...

Régis Sada

 

Pourquoi Manuel Valls est candidat à la candidature pour la présidentielle de 2012 ?

Manuel Valls candidat à la présidentielle de 2012 - Nouvel Obs
Manuel Valls s'est déclaré candidat pour la présidentielle de 2012 sur Europe 1... (PLUS D'INFO SUR TELEOBS.COM)

 

"Il faut des idées neuves portées par des équipes, des hommes et des femmes neuves"

"Le rôle de la gauche, c'est d'apaiser, de faire en sorte que les gens se reparlent, se réconcilient alors que la droite et Nicolas Sarkozy sont en train de faire en sorte que la société française soit plus dure"

Manuel Valls - Europe 1 - 29/06/2009

 

24 juin 2009

Pourquoi Nicolas Sarkozy s’est contenté d’une simple émotion pour les prisons ?

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Lors de son discours devant les Parlementaires réunis en Congrès à Versailles, le Président de la République a évoqué très succinctement les conditions de détention dans notre pays. Au détour d'un passage fourre-tout sur le bilan des libertés dans notre pays, Nicolas Sarkozy a conclu par le bref passage suivant :

« Le débat sur la liberté ? C'est aussi le débat sur la sécurité, sur les prisons. Qu'elle est la liberté de celui qui a peur de sortir de chez lui ? Qu'elle est la liberté pour les victimes si leurs agresseurs ne sont pas punis ? Comment peut-on parler de justice quand il y a 82000 peines non exécutées parce qu'il n'y a pas de places dans les prisons ?

Comment accepter à l'inverse que la situation dans nos prisons soit aussi contraire à nos valeurs de respect de la personne humaine. La détention est une épreuve dure. Elle ne doit pas être dégradante. Comment espérer réinsérer dans la société ceux qu'on aura privés pendant des années de toute dignité ?

L'état de nos prisons, nous le savons tous, est une honte pour notre République quel que soit par ailleurs le dévouement du personnel pénitentiaire Il nous faut construire des places de prisons et d'hôpitaux pour les détenus souffrant de troubles psychiatriques. C'est une nécessité pour la liberté de tous. C'est une nécessité morale. »

La première partie liée au débat sur la liberté apparait comme surprenant. Un douteux mélange des genres qui lie le droit des victimes, aux lenteurs de la Justice française et un manque de place dans nos établissements pénitentiaires. C'est sans doute une façon bienveillante pour Nicolas Sarkozy d'exonérer sa Garde des Sceaux en partance,  Rachida Dati, en omettant de pointer du doigt son passage chaotique au Ministère de la Justice comme l'a souligné régulièrement l'un de ses célèbres prédécesseurs Robert Badinter.

Qu'elle est la liberté de celui qui a peur de sortir de chez lui ? Sans doute de bénéficier d'effectifs de police en suffisance dans sa ville ou son quartier, de manière à ne pas avoir l'impression d'être un oublié du droit à la sécurité !

Qu'elle est la liberté pour les victimes si leurs agresseurs ne sont pas punis ? Sans doute un bien cruel aveu d'échec pour celui qui a été Ministre de l'Intérieur puis Président en exercice depuis 2 ans, et qui ne cesse de promettre et de jurer qu'aucun crime, qu'aucun délit ne restera impuni !

Comment peut-on parler de justice quand il y a 82000 peines non exécutées parce qu'il n'y a pas de places dans les prisons ? Sans doute une surprise lorsque la réforme de la carte judiciaire initiée et tant décriée par les acteurs de la Justice eux-mêmes est en cours d'application, et que le principe de mise en place des peines alternatives (bracelets électroniques par exemple) souffrent de lenteur faute de crédits alloués suffisants !

La deuxième partie a visé directement l'état réel des prisons en France. La patrie des Droits de l'Homme si prompt à donner des leçons de morale au monde entier se trouve bien dépourvue maintenant qu'elle culmine en tête des pays où les prisons sont les plus insalubres !

La « honte de la République » s'affiche désormais au grand jour.

« Il nous faut construire des places de prisons et d'hôpitaux pour les détenus souffrant de troubles psychiatriques. C'est une nécessité pour la liberté de tous. C'est une nécessité morale. » Oui, bien sûr, mais la seule construction de places de prisons et d'hôpitaux n'est pas la seule réponse à apporter à la situation. La nécessité morale voulue par le Chef de l'Etat, commence par assurer les détenus de conditions de détention descentes et passe par un recrutement -massif- d'un personnel pénitentiaire qualifié et adapté aux individus privés de liberté. Commençons déjà par une classification juste et équitable des détenus.

Le seul point essentiel de cet encart présidentiel demeure cette question posée : « Comment espérer réinsérer dans la société ceux qu'on aura privés pendant des années de toute dignité ? »

En dehors des considérations matérielles, la véritable question de fond du problème de la détention c'est celle-ci !

Oui, la détention doit demeurer une punition pour celui ou celle qui n'a pas respecté la règle.

Oui, la détention ne doit pas être une période de loisirs.

Mais la période passée derrière les barreaux ne doit pas être inerte de tout projet et de toute possibilité de réintégration dans la société. La moyenne de récidive en France était de 41% en 2008. Elle impose donc une réponse urgente de l'Etat. L'accès à l'éducation, à la culture et au travail seront dans tous les cas des alliés indispensables pour pallier aux insuffisances actuelles.

Régis Sada

 

23 juin 2009

Pourquoi la Burka relance le débat de la laïcité ?


Lors de l'intervention de Nicolas Sarkozy devant les Parlementaires réunis en Congrès à Versailles, l'un des sujets les plus attendu était la prise de position du Chef de l'Etat sur le port de la Burka (ou Niquab) par certaines femmes musulmanes.

Extrait de cette intervention sur le sujet :

"Où en sommes-nous avec la laïcité ?

Je ne réemploierai pas le terme de laïcité positive pour ne pas alimenter une polémique inutile. Mais je reste ferme sur l'idée que la laïcité ce n'est pas le refus de toutes les religions, ce n'est pas le rejet du sentiment religieux. C'est un principe de neutralité et un principe de respect. La laïcité c'est le respect pour toutes les opinions et pour toutes les croyances. Quand Jules Ferry a écrit aux instituteurs, il leur a dit :

« Au moment de proposer aux élèves un précepte, une maxime quelconque, demandez-vous s'il se trouve à votre connaissance un seul honnête homme qui puisse être froissé de ce que vous allez dire. Demandez-vous si un père de famille, je dis un seul, présent à votre classe et vous écoutant, pourrait de bonne foi refuser son assentiment à ce qu'il nous entendrait dire. Si oui, abstenez-vous de le dire. »

Qui peut oublier que la séparation de l'Eglise et de l'Etat s'est faite dans la douleur ? Mais sommes nous obligés de continuer cette guerre qui n'a plus lieu d'être ? Nous ne sommes pas menacés par le cléricalisme. Nous le sommes davantage par une forme d'intolérance qui stigmatise toute appartenance religieuse. Je le dis en pensant en particulier aux Français de confession musulmane. Nous ne devons pas nous tromper de combat. Dans la République la religion musulmane doit être autant respectée que les autres religions.

Le problème de la burka n'est pas un problème religieux. C'est un problème de liberté et de dignité de la femme. Ce n'est pas un signe religieux, c'est un signe d'asservissement, c'est un signe d'abaissement.

Je veux le dire solennellement, la burka n'est pas la bienvenue en France. Nous ne pouvons pas accepter dans notre pays des femmes prisonnières derrière un grillage, coupées de toute vie sociale, privées de toute identité. Ce n'est pas l'idée que nous nous faisons de la dignité de la femme. Le Parlement a souhaité se saisir de cette question. C'est la meilleure façon de procéder. Il faut qu'il y ait un débat et que tous les points de vue s'expriment. Où ailleurs qu'au parlement pourrait-il mieux s'exprimer ? Mais je vous le dis, nous ne devons pas avoir honte de nos valeurs. Nous ne devons pas avoir peur de les défendre."

Nous sommes ici à la frontière de ce que l'Etat doit faire et de ce que l'Etat peut faire. Nous sommes ici à la frontière de ce qu'est la République en France et ce que doit être la République en France. Nous sommes ici à la frontière de que la liberté des uns ne se fasse pas au détriment de celle des autres.

Certains ont marqué leur soutien de Nicolas Sarkozy à travers sa phrase « Je veux le dire solennellement, la burka n'est pas la bienvenue en France ». D'autres, comme moi, se demande si Nicolas Sarkozy peut affirmer une telle chose au nom de la France, au nom du Peuple qu'il incarne par leur mandat qui lui a été donné.

Qui sommes nous pour juger que le port de ce voile intégral qui ne laisse entrevoir que les yeux est inacceptable ? Qui sommes nous pour juger que le port de ce même voile n'est pas un juste reflet de la liberté ou de la volonté de ces femmes de se préserver du regard des hommes ?

La burka dérange et heurte les consciences d'une société bien perturbée. Elle dérange car elle est visible et qu'elle renvoi une image négative de la femme. Une image d'épouse soumise et acquise aux décisions de son mari.

Les musulmans de France reconnaissent eux-mêmes que les femmes portant la Burka ne représentent qu'une poignée de fidèles. Un chiffre de 2.000 est annoncé aujourd'hui. La communauté musulmane s'interroge et est elle-même très partagée sur la question. Certains estiment que cela donne une fausse image de la pratique de l'Islam, d'autres brandissent la volonté de jeter une nouvelle fois l'opprobre sur leur communauté.

L'association Ni Pute Ni Soumise soutien avec force l'idée d'un grand débat national sur la question en rappelant que depuis sa création son combat se concentre sur la dégradation de la condition féminine et la montée de l'obscurantisme dans les quartiers populaires. Elle estime que les femmes portant la Burqa sont des prisonnières à ciel ouvert.

Mais dans cette société bien d'autres choses sont dérangeantes et bien visibles. Sur ces points là, nous sommes nombreux à trouver que l'Etat n'assume pas ses devoirs et qu'elle laisse aux autres le soin de gommer ses propres erreurs.

Le débat devra être mené. Dans une République qui affirme sa volonté de faire appliquer les principes de la liberté et de l'égalité pour tous, aucun débat ne peut-être tabou. Faut-il en passer obligatoirement par une loi pour interdire le port de la Burqa, et ainsi repousser ce problème derrière les murs des maisons et des appartements ? Ou faut-il au contraire souhaiter que la question se règle sous l'égide du Conseil Français du Culte Musulman et ainsi, laisser la communauté musulmane gérer seule ce point délicat ?

Un sujet extrêmement sensible et complexe qui place tous les citoyens face à un devoir de conscience. Pour ma part, je ne peux que souhaiter que de la retenue et de la prudence.

Ce débat là en appelle un autre qui n'a à ce jour jamais été tranché : est-on certain que la société française porte un regard égal sur toutes les pratiques religieuses ? Si le judaïsme bénéficie d'une omerta convenue due égard aux persécutions vécues durant la seconde guerre mondiale, l'Islam elle a toujours posé un problème en France car jamais acceptée dans les faits et si souvent stigmatisée.

Le jour où Nicolas Sarkozy s'est rendu au Vatican pour recevoir le titre de Chanoine d'honneur de Saint-Jean-De-Latran dévolu au Chef de l'Etat français, et qu'il a prononcé un discours bien anti-républicain à mon goût, je ne suis pas certain qu'il ai envoyé un signal positif sur ce que doit être une République laïque affirmée qui laisse la religion là où elle doit demeurer : dans la sphère privée.

Régis Sada

 

22 juin 2009

Pourquoi le Président de la République doit parler devant le Congrès ?

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Un Congrès dans l'œil du cyclone !

C'était une caractéristique de la démocratie française depuis 1875. Le Président de la République était le seul Chef d'Etat à ne pas pouvoir s'exprimer devant les deux chambres que constituent le Sénat et l'assemblée Nationale.

Cette disposition avait été voulue dans une époque ballotée entre le principe naissant d'une laïcité affirmée et un retour de la monarchie possible par défaut de républicanisme mal affirmé. Pour éviter toute tentative de coup d'état ou d'influence sur les représentants du Peuple, le Chef de l'Etat était interdit d'expression directe devant ces derniers. En 2008, Nicolas Sarkozy avait ordonné une révision de la Constitution lui permettant de palier à cette spécificité française en souhaitant à l'époque qu'il puisse s'adresser aux Parlementaires dans leurs hémicycles respectifs, ce qui lui avait été refusé par sa propre majorité.

Ce droit d'expression du Président devant le Congrès est une très bonne chose. C'est un exercice logique qui se révèle être un moment important dans de nombreuses démocraties du monde, à l'image du discours sur l'état de l'Union prononcé chaque année par le Président américain devant son Congrès. Le Président parle devant les représentants du Peuple, et il assume les lignes de la politique qu'il entend conduire pour le pays.

A 15H00, Nicolas Sarkozy pourra s'exprimer librement et sans contraintes devant une majorité béatement acquise à son discours et une opposition clairsemée avec des socialistes présents qui se retireront ensuite et des Parlementaires Verts et Communistes qui boycotteront une cérémonie virant au Sarko' Show.

Si cette nouveauté est une bonne chose, elle apporte une nouvelle fois la preuve que la réforme constitutionnelle voulue par Nicolas Sarkozy en 2008, était une réforme trop faible et qui place la France devant les incohérences d'une Constitution mal adaptée à l'idée d'une hyper présidence opposée à un Parlement qui ne prend pas toute la mesure de son pouvoir législatif. La Vème République initiée par le Général de Gaulle a été pensée pour sortir notre pays des perpétuelles querelles partisanes existantes sous la IIIème et la IVème République, et en donnant à la présidence de la République un rôle de protecteur au-dessus des partis.

Si Georges Pompidou, Valéry Giscard d'Estaing, François Mitterrand et Jacques Chirac se sont adaptés à cette forme de pouvoir, celle-ci a volé en éclat avec un Nicolas Sarkozy qui entend assumer une super-Présidence en laissant les miettes de la mise en œuvre à son Premier Ministre. Nicolas Sarkozy a manqué de courage politique. En 2008, il fallait franchir le pas et décider que le Chef de l'Etat élu par tous les français devient également un chef politique -ce qu'il est de fait avec l'UMP- et donc qu'il est en mesure d'engager sa propre responsabilité devant les élus du Peuple. Le poste de Premier Ministre devenait de facto inutile. Cette nouvelle vision nécessitait une réforme plus large : le passage à la VIème République.

Les Parlementaires Verts et Communistes ont choisi de boycotter ce rendez-vous. Le PS après quelques hésitations a choisi d'y être présent en partant ensuite. Ces députés et ces sénateurs contestent le fait que le discours du Président sera suivi d'un débat sans vote....et sans présence de l'intéressé. La démocratie française a encore de nombreux progrès à faire. Le plus amusant reste le fait que celles et ceux qui devraient la faire avancer -les Parlementaires- sont souvent les plus réfractaires à souhaiter que leurs petits privilèges soient confisqués.

Cette nouvelle étape est un petit sillon marqué mais non creusé. Cette réforme constitutionnelle inutile car boiteuse, en appelle une autre plus large et indispensable à un véritable renouveau démocratique en France. Oui à un Président actif à l'intérieur comme à l'extérieur et à un Parlement qui constitue un véritable contre pouvoir.

Régis Sada

 

12 juin 2009

Pourquoi j'ai signé la pétition pour des primaires ouvertes au PS et à toute la gauche ?

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Pour l'organisation de primaires ouvertes pour désigner le candidat du PS à la présidentielle

Nous voulons ouvrir les portes et les fenêtres du Parti socialiste en organisant une primaire ouverte pour désigner le candidat du PS à la prochaine élection présidentielle.

La désignation de Barack Obama comme candidat du parti démocrate démontre que l'organisation d'une primaire peut enclencher une puissante dynamique politique, en attirant vers le parti qui la met en place un nombre considérable de nouveaux sympathisants et une énergie difficile à mobiliser par d'autres méthodes. Les deux tiers des électeurs de gauche se disent aujourd'hui favorables à l'organisation de ces primaires : cela démontre la force du désir de participation des sympathisants socialistes à cette séquence essentielle de la vie politique du pays. Cela témoigne aussi d'une certaine frustration devant le mécanisme de désignation existant aujourd'hui et du besoin de modernisation des procédures démocratiques du PS.

Jusqu'ici, les votes de désignation au PS conduisent davantage à diviser les militants et les élus entre eux qu'à nous faire avancer vers la victoire aux élections. Nous pensons que cela doit changer.

Une primaire conduira à revaloriser le rôle des militants, en les incitant à s'ouvrir vers l'extérieur pour convaincre des sympathisants de venir participer à la démocratie interne du PS en faveur du candidat et du programme politique de leur choix.

Pour rassembler plusieurs centaines de milliers voire millions de participants, cette primaire suppose un prix accessible à tous et une simplification des conditions de participation au vote. Cette pétition sera transmise à la direction nationale du PS pour demander la tenue d'une convention nationale sur l'organisation de primaires, comme les statuts du PS en ouvrent la possibilité.

Tu peux la signer en allant sur le site: http://www.primairesouvertes.fr/

 

Le député du Doubs Pierre Moscovici a lancé ce matin sur internet une pétition en ligne favorable à des primaires ouvertes relatif à la désignation du candidat de la gauche aux prochaines élections présidentielles de mai 2012.

Faisant suite à la réunion du Bureau National du Parti Socialiste où de nombreux quadras ont accueilli assez tièdement les propositions de rénovation et de relance de Martine Aubry, l'idée défendue par Pierre Moscovici, Manuel Valls, Vincent Peillon ou par Arnaud Montebourg d'ouvrir le débat à l'ensemble des sympathisants de gauche est désormais lancée.

Cette pétition vise à faire pression sur la direction du Parti Socialiste dans les prochains mois, dans l'objectif de permettre à tous les sympathisants -et non plus simplement aux militants socialistes- de décider du nom de celui ou de celle qui sera le plus à même de mener la bataille face à Nicolas Sarkozy.

J'ai signé ce matin cette pétition ce matin, convaincu que la reconstruction du PS est possible si le débat reste ouvert et demeure loyal avec l'ensemble des partenaires de la gauche. Le PS ne détient plus seul les réponses que les français attendent. La dernière chance ?

Si vous refusez de cautionner plus longtemps une hégémonie idéologique calquée sur des schémas dépassés, alors vous aussi signez la pétition pour des primaires ouvertes à toute la gauche !

Régis Sada

 

10 juin 2009

Pourquoi Manuel Valls appelle les socialistes à se débaptiser ?

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Invité politique de Laurent Bazin sur la matinale de I-Télé, le député-maire d'Evry Manuel Valls a lancé un appel qui ne manquera pas de faire grincer de nombreuses dents au lendemain de la réunion du Bureau National du Parti Socialiste convoqué à la suite des élections européennes, et qui a vu le parti culminer à 16,48 % des voix.

En effet, après avoir jugé dès dimanche soir que le Parti Socialiste parlait une langue morte et qu'il était clairement en voie de disparition sans un sursaut salutaire, Manuel Valls a complété sa pensée ce matin en appelant les socialistes à changer le nom du parti estimant que le mot socialiste « ne veux plus rien dire ».

Sans aller jusque là, il est rejoint par quelques fines lames du PS comme Jean-Christophe Cambadélis, Aurélie Filippeti, Pierre Moscovici ou Arnaud Montebourg, qui sont largement restés sur leur faim après que Martine Aubry ai souhaité que le PS se donne six mois pour que la rénovation du parti soit effective et que les élections régionales de mars 2010 ne sonnent pas le glas définitif d'un Parti Socialiste tenu en état de survie idéologique.

Le député-maire d'Evry estime qu'il est « minuit moins le quart avant la mort clinique du Parti Socialiste », que « nous sommes menacés de mort » et qu'il faut « changer totalement la direction du Parti socialiste, confier à cinq-six personnes trois-quatre chantiers pour que dans les trois ou six mois nous ne réfléchissions pas seulement mais nous tranchions les problèmes ».

Que penser de cette position qui a le mérite d'être franche ?

Sur le mot socialiste ne veut plus rien dire

J'avoue trouver cette affirmation un peu au-dessus la vérité sans toutefois la contredire totalement. Explication : le terme seul de socialiste me parait bien mal adapté aux enjeux de la société actuelle. C'est sans doute pour cette raison que j'ai choisi depuis longtemps de l'associer au mot libéral, dans le sens d'un socialisme qui répond à la réalité d'une économie mondialisée mais qui entend maitriser (et non contrôler à outrance) les débordements d'un libéralisme effréné.

Défenseur du fait que le PS doit tenir un langage de vérité et d'action sans se réfugier derrière les prétextes d'un dogme aujourd'hui poussiéreux, j'ai souvent subi les foudres -voir les injures- de certains de mes camarades de la section de Puteaux qui n'ont pas hésité à me traiter de « social-traitre » ou d'homme de droite (pour la version allégée).

Il est vrai qu'à la différence de certains, je n'ai jamais cherché à savoir si j'étais de gauche.....car moi, je sais pourquoi je ne suis pas de droite !

La lecture récente du document biographique sur Jean-Jaurès de Jean-Pierre Rioux paru dans la collection Tempus, a suffi à m'ôter tout doute sur mon engagement socialiste.

Le combat mené par le député de Carmaux au début du siècle dernier n'a jamais été autant d'actualité. La période actuelle est terriblement socialiste si l'on adapte les réalités vécues il y a cent ans à celles d'aujourd'hui.

Si Manuel Valls appelle ses camarades à se débaptiser sans détours, c'est aussi peut-être à cause que de nombreux militants du PS actuel n'ont jamais pris le soin de connaitre l'héritage de Jean-Jaurès, père du socialisme, et donc demeurent incapables d'adapter leur pensée aux besoins de celles et ceux que nous entendons représenter.

Sur la chronique de la mort annoncée du PS

Arlésienne de la vie politique depuis 2002. Le PS est-t-il en danger de mort ? Oui sans doute. Oui, car le PS n'a pas su renouveler ses têtes et pire, sa pensée. Mais au fond, ce n'est pas ce que représente le PS qui est mort, c'est le parti en lui-même.

Longtemps les militants du PS et bien au-delà, les sympathisants de gauche, se sont amusé des déboires d'une droite revancharde et ringarde. Les années Mitterrand (surtout le deuxième septennat) ont été fatales au discours socialiste et à son appareil.

Les dirigeants -toujours les mêmes d'ailleurs- se sont endormis sur leurs lauriers en pensant que l'élection de Jacques Chirac allais dans le sens de l'Histoire et que les français répondraient très rapidement aux sirènes PS. Enfermés dans cette option, les législatives de 1997 et la victoire de la gauche plurielle emmenée par Lionel Jospin ont répondu à cette vérité écrite.

Depuis cette date, le PS a oublié de réfléchir !

Sur le changement de direction à la tête du PS

Changer la direction. Pourquoi pas. La logique veut effectivement qu'une direction cède sa place après une lourde défaite comme celle vécue dimanche dernier. Sauf que Martine Aubry a été choisie par les militants et que les statuts ne permettent plus un renversement de la direction par les militants.

Malgré les efforts de renouvellement ou de rajeunissement des têtes à la Direction, c'est bien une question de méthode générale et de mode de fonctionnement à l'intérieur du parti qui pose problème.

Comment expliquer que les Fédérations soient « tenues » par les barons locaux et que la sélection des nouveaux talents ne se fait plus à la base mais au sommet même du parti ? Le PS d'avant a permis l'ascension de ses jeunes pousses....aujourd'hui il les recrute au sein d'un cercle fermé et interdit aux petits militants. Si le parti majoritaire de la gauche n'assure pas la promotion sociale, devrons-nous compter sur l'UMP pour le faire ?

Sur le fait de trancher les problèmes

Pour répondre à cela, il suffit de reprendre un slogan de la CFDT Michelin utilisé dans les années 90 : « on ne fait pas tourner la roue du progrès avec les idées du passé » ! Ajoutez à cela un homme de Cro-Magnon et vous comprendrez pourquoi le PS est en panne !

Oui, sans doute que si le PS a du mal à se faire entendre c'est avant tout car il demeure incapable aujourd'hui de présenter des positions clairement définies et tranchées.

Prenons juste pour exemple le cas du changement des institutions, des droits accordés aux homosexuels, l'entrée de la Turquie en Europe ou les droits des salariés des PME. Sur les institutions : le PS attend d'être minoritaire pour dire son souhait d'en changer. Sur les droits des gays et des lesbiennes : le PS sèche le premier vote sur le PACS et de nombreux barons locaux s'interdisent tout mariage entre personne de même sexe. Sur l'entrée de la Turquie en Europe : si vous connaissez la position exacte du PS, faites signe. Enfin, dans le discours et les écrits du PS, les salariés des PME sont invisibles face à leurs amis fonctionnaires ou salariés des grandes entreprises.....

Le Bureau National de ce mardi n'a pas fait exception : au vote sanction des français, le PS a choisi de ne répondre.....que dans six mois ! Cette valse permanente des hésitations et des non réponses demeure un appel à l'abstention ou à un vote différent.

Maintenant, Manuel Valls a-t-il raison d'aller si loin dans ses propos : sans aucun doute oui ! C'est malheureusement souvent en osant aller à contre courant de la pensée unique que l'on draine derrière soi les espoirs de ceux qui ne veulent plus simplement attendre.

Comme beaucoup d'autres, je ne souhaite plus « attendre » une hypothétique rénovation du PS. Sans doute car comme bon nombre de militants et de français....j'en ai assez d'être dans le cas des perdants !

Régis Sada

 

Pourquoi le don du sang reste interdit aux homosexuels français ?

 

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Communiqué de presse du 10/06/2009 des Elus Contre le Sida

Le don du sang : un don de soi ... interdit à vie aux homosexuels alors que 76% des français y sont favorables !

Les responsables politiques : une fois de plus un décalage avec les Français

Le 14 juin marquera la 6ème Journée mondiale des donneurs de sang. L'objectif de cet évènement est de promouvoir, auprès du grand public, une cause noble: le don du sang. Les besoins étant de plus en plus importants (la consommation de produits sanguins augmente en moyenne de 5% chaque année), il est essentiel de faire ce simple geste afin de sauver des vies et d'aider les malades à recouvrer la santé. Geste noble s'il en est, le don du sang n'est pas un droit. Aussi, pour assurer la sécurité sanitaire, le don du sang est notamment interdit aux personnes ayant des comportements à risque. Bien évidemment normal si l'on se base sur des critères de santé public, intolérable si l'exclusion est motivé par des préjugés !

Ainsi, les personnes homosexuelles sont interdites à vie du don du sang... sans qu'une quelconque question relative à leur comportement leur soit posée lors du questionnaire préalable à tout don! Une discrimination criante ! Rappelons qu'un hétérosexuel qui aurait des conduites à risques serait écarté provisoirement... et non pas définitivement comme un homosexuel. C'est pour cela que Jean-Luc Romero, président d'Elus Locaux Contre le Sida, demande depuis longtemps que le concept de « populations à risques » porté par la circulaire de 1983 fondant l'exclusion des homosexuels de la collecte, soit remplacé celui de « conduites à risques ». Ce faisant, il demande simplement que les mêmes conditions soient appliquées aux homosexuels et aux hétérosexuels. C'est bien l'analyse du comportement qui permet d'assurer la sécurité transfusionnelle ! A moins que l'on considère que l'homosexualité en elle-même est une conduite à risques ...

Cette proposition a reçu un aval juridique (cf. délibération de la HALDE de février 2006 sur saisine de Jean-Luc Romero) et surtout politique avec l'engagement de Xavier Bertrand, alors ministre de la santé qui s'était engagé publiquement à revenir sur cette interdiction, la qualifiant de discriminatoire. Depuis, l'interdiction été confirmée par l'actuelle ministre de la santé ....

Pourtant, selon les résultats d'une enquête BVA publiée aujourd'hui, 76% des français estiment injustifiées cette interdiction opposée aux personnes homosexuelles de donner leur sang.

La classe politique est en retard sur l'opinion des français sur cette question mais également sur bien des questions sociétales - on peut penser également à l'euthanasie-. N'est-il pas enfin temps que la classe politique vive avec son temps ?

Pour mémoire, la Russie, dont on raille souvent le caractère réactionnaire, a autorisé le don du sang aux homosexuels et cela il y a plus d'un an ... D'autres pays européens l'ont également fait, notamment le Portugal.

A l'heure où le sang manque cruellement - l'EFS s'en fait l'écho plusieurs fois par an - il n'est pas raisonnable sur le plan sanitaire de maintenir l'interdiction du don du sang aux personnes homosexuelles. Si une mesure est bien dangereuse sur le plan de la santé publique, c'est bien d'empêcher, à cause de préjugés, une partie de la population de donner leur sang !

08 juin 2009

Pourquoi l’UMP est surprise en flagrant délit de mensonge européen ?

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Si le Parti Socialiste a très certainement subi ce dimanche une violente remontrance de la part de ses électeurs pour ses querelles permanentes et son manque de discernement dans cette campagne, c'est aujourd'hui du côté de l'UMP que de nombreux regards se tournent après l'élection finalement très embarrassante de Brice Hortefeux dans la circonscription du Centre Massif Central.

Sur le site de la campagne européenne de l'UMP, la majorité présidentielle avait pris 7 grands engagements devant ses électeurs. Parmi ces derniers :

ENGAGEMENT N°7 : NOS CANDIDATS SERONT PRESENTS DANS LEUR REGION

Les candidats de la Majorité Présidentielle s'engagent à être présents au Parlement européen à Strasbourg et à Bruxelles. Ils s'engagent aussi à être présents dans leur région où ils tiendront des permanences régulières.

Pourtant, moins de 24H00 à peine après le résultat des élections européennes, on apprend que Xavier Bertrand -Président de l'UMP- et le Palais de l'Elysée ne sont pas prêts de laisser partir le Ministre du Travail pour les sphères européennes.

Extrait du journal Le Monde

"Pendant la campagne électorale, Brice Hortefeux arpentait l'Auvergne… en pensant aux régionales de 2010. Lui, élu aux européennes ? C'était impossible, assurait-il, alors qu'il figurait au troisième rang sur la liste UMP Massif Central-Centre. Et le voilà porté par la vague bleue, élu contre son gré à Strasbourg. L'ancien député européen, qui ne fut guère assidu entre 1999 et 2004, ne veut pas retourner dans les institutions européennes. Il espère un jour devenir premier ministre de Nicolas Sarkozy.

L'Elysée a volé à son secours lundi 8 juin dans l'après midi : Brice Hortefeux n'est pas concerné par l'obligation faite aux candidats UMP de siéger au Parlement. "Brice Hortefeux n'avait pas pris l'engagement d'être sur les listes pour être élu. Il s'était inscrit pour pousser la liste. Sinon, il se serait mis en premier", explique l'Elysée.

Le secrétaire général de l'UMP Xavier Bertrand avait donné le ton sur RTL en expliquant dès lundi matin : "je pense qu'on a besoin de Brice Hortefeux au gouvernement".


M. Hortefeux joue les discrets :  "Je ne dis rien du tout". Et puis il précise au Monde : "un député peut entrer au gouvernement, un sénateur peut entrer au gouvernement. Il serait curieux qu'un député européen ne le puisse pas. Il va y avoir un remaniement, on verra au remaniement si j'y suis ou si je n'y suis pas", explique-t-il. Confiant sur son avenir parisien : "Il est assez rare d'être victime de son succès".

Cette vision très UMP de faire de la politique autrement me rassure. Je pensais qu'il n'y avait qu'une partie de mes ex-élus Puteaux Ensemble qui étaient en mesure de berner la confiance que les électeurs avaient placés en eux.

Moi qui pensais que Christophe Grébert et Frédéric-Michel Chevalier étaient des prodiges en politique et qu'ils avaient tout inventé ! Je me suis lourdement trompé.

Dans la méthode et à leur très modeste niveau, ils sont tout aussi malhonnêtes que leurs congénères nationaux. Avec moins de talent et de réussite tout de même.....Fort heureusement, l'UMP n'avait pas signé de Charte Ethique !

Régis Sada

 

PS : si la publication de ce billet m'amène à être convoqué au bureau de Police, je ne manquerais pas de vous le faire savoir !

 

Pourquoi les élections européennes ont signé la fin de la politique à la « papa » ?

drapeau_europeen.jpgLes résultats du scrutin européen du 7 juin ont marqué un véritable tournant dans la vie politique de notre pays.

Il convient d'en tirer deux enseignements majeurs : une abstention record qui marque une défiance des français face au refus de nos partis politiques d'expliquer l'Europe, et la fin de la politique à la « papa » avec cette vilaine habitude de vouloir mener campagne en parlant de tout sauf du sujet concerné.

 

brice_hortefeux.jpgS'en défendant hier toute la soirée, les dirigeants de l'UMP ont eu beaucoup de difficultés à masquer leur exultation. Pourtant la droite comme l'UMP n'ont guère de raisons de pavoiser avec un résultat aux environs de 28%, bien en deçà de ceux observés ailleurs en Europe par les autres listes de conservateurs.

Une pôle position presque gênante ce matin avec l'élection imprévue du Ministre du Travail Brice Hortefeux, 3ème de liste dans la circonscription du Centre Massif Central. Que les europhiles convaincus se rassurent, Brice Hortefeux ira bien siéger.....rue de Grenelle, à son bureau du Ministère du Travail. C'est beau la conviction européenne....

europe_ecologie.jpgLa plus belle surprise est venue de la liste Europe Ecologie conduite par le triumvirat de choc : Daniel Cohn-Bendit, Eva Joly et José Bové. Contre toute attente celle-ci a recueillie plus de 16% des voix en faisant jeu égal avec le PS. La liste des Verts écrase littéralement ce dernier en Ile de France où elle obtient plus de 20% contre à peine 12% pour la liste socialiste.

Certains voient dans le résultat des écologistes une conjoncture favorable ou un épiphénomène, certes. Toutefois, il serait hasardeux et suicidaire de ne pas entendre le message que les électeurs ont envoyé ce dimanche alors que près du quart des électeurs de Ségolène Royal du premier tour des Présidentielles de 2007 ont apporté leurs suffrages à la liste de « Dany le Rouge ».

C'est très certainement aussi une forme de prime à ceux qui ont parlé d'Europe aux français et qui ne se sont pas égarés dans les méandres de la politique nationale et stérilement anti-sarkozyste.

Les deux grands perdants de ce scrutin sont incontestablement le MoDem de François Bayrou et le Parti Socialiste de Martine Aubry, qui n'ont recueilli respectivement que 8,4 % et 16,4% des suffrages.

Certains ténors ont parlé dimanche soir de « coup de tonnerre » ou de « 21 avril light ». Il faut sans doute y voir une forme de sévère correction pour un François Bayrou qui s'est recroquevillé sur son destin personnel en oubliant son idéal européen, et pour un PS inaudible empêtré dans ses divisions qui n'a pas su convaincre car fixé sur l'espoir d'un vote sanction à l'égard de la politique conduite par Nicolas Sarkozy.

front_de_gauche.jpgPour le reste, il faut noter le très beau parcours de la liste du Front de Gauche emmenée par Jean-Luc Mélenchon et Marie-Georges Buffet qui avec 6% des voix prend le meilleur à l'extrême-gauche, et notamment sur le NPA d'Olivier Besançenot qui pour seul discours européen avait appelé encore ces derniers jours à un « mai 68 » version 2009. La gauche de la gauche est certainement la plus grande perdante d'une faible mobilisation des électeurs, puisque chacun sait que c'est essentiellement les classes populaires qui ne se sont pas rendues aux urnes ce dimanche.

martine_aubry.jpgLe PS sort littéralement sonné de ces élections européennes. Ce résultat faible (voir faible dans certains endroits) sera-t-il le choc salutaire pour un Parti Socialiste qui n'est à ce jour toujours pas sorti de ses querelles intestines de longue date et notamment du dernier congrès de Reims ? Il faut l'espérer et le souhaiter.

Le Sénateur-Maire de Lyon Gérard Collomb appelle ce matin à un changement de direction à la tête du PS. Il est suivi par le Maire de Paris Bertrand Delanoë qui n'a guère apprécié l'écrasement du PS dans sa ville par Europe Ecologie et rejoint par le Député-Maire d'Evry Manuel Valls qui met la pression sur la direction en indiquant que si le PS ne se régénère pas -il dit que le PS parle désormais une langue morte- il est en grand danger voir en voie de disparition.

Renouvellement des hommes, des idées et de la pensée unique « socialiste-socialisante » : voilà de bonnes résolutions que j'attendais de la part du PS depuis bien des années. Je regrette simplement qu'il ait fallu accepter bien des humiliations et des défaites pour parvenir à un tel constat.

Ce matin les mauvaises langues et autres « langues mortes » qui faisaient la pluie et le beau temps au PS à Puteaux comme ailleurs, doivent se trouver bien dépourvues maintenant que la gifle est une -nouvelle fois- venue ! Il ne faut pas se réjouir de cela....il faut en pleurer.

Sur le registre des pleurs et de ma bonne vieille bourgade de Puteaux, je souhaite donner un coup de projecteur sur les élucubrations de nos deux frères siamois putéoliens qui d'un côté comme d'un autre, ont livré une lecture bien particulière des résultats connus de notre ville. Au jeu de celui qui dira la plus grosse boulette en premier j'avoue que Christophe Grébert et Frédéric-Michel Chevalier demeurent les gagnants incontestables. Du risible au ridicule il n'y a qu'un pas....attention aux croche-pieds messieurs !

Chouette, la politique à la "papa" c'est fini !

Régis Sada