30 octobre 2009

Pourquoi le débat sur l’identité nationale reflète l’inégalité des chances ?

 

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Eric Besson, Ministre de l'Immigration et de I'Identité Nationale, a lancé un nouveau pavé dans la mare en souhaitant qu'un grand débat soit ouvert sur l'Identité Nationale. Le Cénacle politique s'est immédiatement mis à bouillonner tant cette perspective semble sonner le réveil des consciences.

A mon sens, il n'y a pas lieu de se jeter des marmites d'huile bouillante au visage pour chasser les démons potentiels puisque ce débat arrive à point nommé au surlendemain de la polémique relative à la désignation -avortée- de Jean Sarkozy à la Présidence de l'EPAD.

C'est une occasion unique de revenir à l'essentiel, de clamer sa fierté d'être français et de renvoyer à beaucoup de nos responsables politiques le reflet de leurs propres échecs en leur rappelant leur oubli de nos valeurs républicaines qui ont conduit à l'inégalité des chances de la société actuelle.

Dans un premier temps, la lecture d'un rapport sur la transmission des valeurs républicaines édité en 2004 par l'Académie de Strasbourg n'est pas inutile. Personne ne doute que l'engagement des parents et de la famille est essentiel dans l'apprentissage pour les enfants, de ce que représentent la France, la République, la démocratie et la citoyenneté. En cela, l'éducation civique enseignée dès le plus jeune âge est un impératif à une bonne compréhension de la société que nous invitons nos enfants à construire.

La base est posée. Pourtant, les enfants malgré leur innocence, notent très rapidement sur les bancs de l'Ecole, en regardant la télévision ou en surfant sur Internet, que des devises comme « Liberté, Egalité, Fraternité », ou des phrases gravées dans le marbre de notre Constitution comme « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune » érigées comme des vérités, se révèlent être de pieux mensonges.

Dans un second temps, on s'étonne que parler de la fierté d'être français semble effrayer certains d'entre-nous qui n'hésite pas à ressortir le passé le plus sinistre de notre Histoire -entendez la collaboration- ou à se jeter d'ancestraux anathèmes sur les clivages politiques ou sociaux. Brandir un drapeau français n'a rien d'infamant. Entonner une Marseillaise n'a rien d'insultant. Défendre la République et ce qu'elle incarne n'est pas ridicule. Appeler au respect de la Laïcité ne porte ombrage à personne et à aucune pratique religieuse.

La base est scellée. Pourtant, il est dommage est préjudiciable pour tous que nombre de ces symboles qui appartiennent à tous les français, aient été souvent abandonnés voire méprisés en donnant l'image d'une appropriation au profit d'une idéologie prônant le vrai patriotisme. Un certain 21 avril 2002 a sans doute violemment résonné aux oreilles de certains.

Dans un troisième et dernier temps, le débat sur l'Identité Nationale doit enfin ramener notre personnel politique aux réalités vécues par les français. L'épisode de Jean Sarkozy est une pleine illustration de l'irresponsabilité républicaine de certaines de nos élites. La polémique n'aurai pas du tant se concentrer sur son âge, sa potentielle qualification ou son ascendance présidentielle, mais bel et bien sur le fait que les français reçoivent en pleine figure le véritable cadenassage de la République dont ils sont les premières victimes.

La base est fêlée. Comment faire croire à nos compatriotes en l'égalité des chances lorsque l'on assiste chaque jour au spectacle de la filiation politique symbole d'une monarchie élective ? La famille Sarkozy n'est pas l'unique coupable, elle reste simplement la dépositaire du moment. Un simple rappel de l'article II de notre Constitution qui édicte le principe même de la République "Gouvernement du Peuple, par le Peuple et pour le Peuple", suffit à demander son respect et sa stricte application dans l'accès et au partage des responsabilités.

 

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L'Identité Nationale c'est connaitre la France sous tous ses aspects : ses valeurs, ce qu'elle incarne aux yeux du monde, la richesse de ses territoires, de son Histoire, de son patrimoine ou la diversité de sa société. L'Identité Nationale c'est refléter ce qu'est la France telle que les français la construise chaque jour. L'Identité Nationale c'est valoriser la fierté d'être français.

Valoriser la fierté d'être français c'est permettre à tous les français de trouver la place légitime qui leur revient dans la société. Ce n'est pas sombrer dans un pessimisme permanent en dénigrant le présent et portant aux nues le passé. C'est renoncer aux égoïsmes particuliers en luttant contre l'individualisme. C'est affronter les réalités sociales et économiques telles qu'elles se présentent et non comme nous souhaiterions qu'elles se posent à nous. C'est décentraliser réellement les pouvoirs autant que les compétences. C'est replacer les droits, les devoirs et le sens de la responsabilité au cœur de notre pacte républicain. C'est enfin redonner l'image d'une « République pour tous » qui gommera celle d'une « République pour certains » devenue la norme.

Celles et ceux qui pensent que ce schéma est dépassé ont de biens tristes idées. L'Identité Nationale n'est pas née depuis 2007, l'Identité Nationale c'est la France telle que nous la vivons et la construisons chaque jour ! Dans le débat que certains entendent lancer, et qui apparait bien inutile : c'est la République, ses fondements et son héritage qui devront en être au coeur. Il ne devra y avoir aucune place pour une quelconque tentative de jeter des français contre d'autres français.

Régis Sada

 

27 octobre 2009

La vie continue...

 

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« On aime le rêve, on aime la féerie, on n'aime pas la vie ; tant pis, la vie en revanche, nous vole ce qu'on aime. »

 

Jovette-Alice Bernier

 

 

La vie continue...


 

22 octobre 2009

Pourquoi ?

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08 octobre 2009

Pourquoi la « mauvaise de vie » de Frédéric Mitterrand vire au cauchemar ?

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La polémique autour de certains passages de la « mauvaise vie » de Frédéric Mitterrand est surprenante à bien des égards. Avant tout autre propos : j'ai lu ces passages. Je vous invite à faire de même pour juger en toute conscience.

Nous voici donc arrivés au cœur de ce qu'est devenu notre débat politique. D'un ouvrage écrit en 2005 par un intellectuel qui ne dérangeait personne à cette époque, on construit un échafaud à l'homme devenu Ministre, au détour d'une phrase se voulant dénonciatrice et appuyée par quelques novices bien mal inspirés.

Au-delà de la seule homosexualité de Frédéric Mitterrand, c'est à son honneur que l'on s'attaque en tentant de lui prêter des mots, des situations ou des pratiques sexuelles aussi honteuses qu'abjectes. Tout cela est profondément malsain et me donne de fortes nausées.

En parcourant les passages controversés de sa « mauvaise vie », je réalise très vite qu'ils n'ont pas grand-chose de honteux, ni même de litigieux. Ces passages parlent, avec une sincérité presque poignante, de la solitude d'un homme à la vie sexuelle inconstante qui s'octroie au bout du monde un moment de plaisir avec un jeune homme... Oui, un jeune homme, pas un enfant...

Parmi celles et ceux qui tirent aujourd'hui sur Frédéric Mitterrand à boulets rouges : Quelles sont les femmes -mâtures ou non- qui n'ont jamais jeté un regard appuyé sur les fesses bien fermes d'un jeune étalon qu'elles échangeraient bien contre la vieille mule qui leur sert de mari depuis des années ? Qui sont les hommes -mâtures ou non- qui n'ont jamais bavé devant le décolleté d'une jeune fille à peine en fleur qui remplacerait bien la vieille Vedette qui trône dans le salon devant les Feux de l'Amour ?

Qui est celui qui osera clamer haut et fort qu'il n'a jamais éprouvé l'envie de pousser certaines portes, même celles de tous les interdits ?

La « mauvaise vie » de Frédéric Mitterrand n'est pas plus mauvaise qu'une autre. Elle reflète avec douleur la réalité d'un monde où toutes les femmes, où tous les hommes, ne sont pas égaux devant la beauté du corps comme celle de l'esprit. Elle ne fait nullement l'apologie du tourisme sexuel et encore moins celle de pratiques ignobles. « Jeune » ne veut pas dire « enfantin ».

Ces passages ont choqué quelques biens pensants. Ils parlent de cette prostitution du bout du monde insoutenable vue de notre beau pays de France. Cette prostitution thaïlandaise dépeinte avec justesse par notre Ministre ne me choque pourtant pas. Elle ne me choque pas car je peux l'observer à Paris, du côté des boulevards maréchaux, dans la rue Saint-Denis ou dans quelques autres rues du Marais.

Frédéric Mitterrand paye ici son entrée au Gouvernement et, sans doute, son maladroit soutien à un Roman Polanski qui n'en mérite pas tant. Le procès qu'il subi est du même niveau que la lecture d'un Voici ou d'un Paris Match.

S'il faut condamner son écrit, je me condamne moi-même. Je ne me renierai pas, car la « mauvaise vie » de Frédéric Mitterrand est une vie qui pourrait être la mienne. Je laisse donc le soin aux biens pensants de le porter eux-mêmes à l'échafaud.

Régis Sada

 

06 octobre 2009

Pourquoi Jean-Jaurès ?

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A l'image de la puérile polémique de 2007 qui a accompagné la décision d'une lecture de la lettre de Guy Mocquet à tous les lycéens lors de la rentrée scolaire, c'est aujourd'hui l'utilisation du nom et de l'héritage de Jean-Jaurès qui se trouve au cœur de toutes les convoitises.

Des esprits tantôt faibles ou tantôt tourmentés, ils sont nombreux désormais à revendiquer une quelconque descendance avec lui ou à citer ses plus belles tirades.

Comme Guy Mocquet, Jean-Jaurès l'homme ou Jean-Jaurès le Parlementaire est, par ses actes, ses discours et ses pensées avant-gardistes, devenu immortel. Des français bien inspirés ont estimé que celui qui parfois, contre vents et marées, a préféré prendre le parti de la France au détriment du sien propre, méritait d'entrer au Panthéon des Grands Hommes.

Jean-Jaurès l'homme ou Jean-Jaurès le Parlementaire ne peut être politisé, ne peut être approprié, ne peut être revendiqué ou même associé. Jean-Jaurès l'homme ou Jean-Jaurès le Parlementaire est un intouchable. Il appartient à tous les français et bien au-delà il n'appartient qu'à la France.

C'est souvent en période de crise, lorsque la pensée est tarie, lorsque les convictions sont ébranlées ou lorsque le discours est devenu trop aseptisé, que les rescapés du moment cherchent l'appui des Grands Hommes du passé. Ces Grands Hommes pourtant ont bien mérité de reposer en paix.

Jean-Jaurès le citoyen ou Jean-Jaurès l'humaniste.

Jean-Jaurès ou l'héritage d'une République qui ne renonce jamais à appliquer l'Egalité de tous profitable pour tous. Jean-Jaurès aurait sans doute préféré qu'à 150 ans d'ici, on se dispute bien plus pour son ardent désir d'une République affirmée que pour l'héritage de son seul patronyme...

Régis Sada

 

 

Société d'Etudes Jaurésiennes

 

02 octobre 2009

Pourquoi l’Académie de Créteil ridiculise l’enseignement professionnel ?

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Un vent de modernité souffle sur notre pays ces dernières semaines. Confrontée aux ravages de la crise financière, la France ne s'en laisse pas compter en développement son sens du génie et de l'innovation. Une idée originale nous arrive cette semaine de l'Académie de Créteil qui se lance dans l'Enseignement Professionnel qui « paye » ses élèves pour assister à leurs cours !

Le chantier national de l'Education Nationale visant à lutter contre l'absentéisme à l'école a trouvé, pour l'enseignement professionnel, un porte-parole de choc en la personne du Recteur de l'Académie de Créteil qui justifie cette nouvelle mesure pour palier la désaffection de ses élèves dans trois Lycées Professionnels de son secteur.

Dès le lundi 5 octobre, les élèves concernés signeront un engagement de présence et d'assiduité aux cours qui sera récompensé en retour d'une cagnotte versée à l'ensemble de la classe pour le financement d'un voyage de fin d'année ou des cours de Code de la route. Cette cagnotte pourra s'élever jusqu'à 10.000 €. Cette mesure pourra être étendue à la rentrée prochaine à une trentaine d'autres établissements.

Cette idée n'est en rien novatrice. Elle porte gravement atteinte au travail mis en œuvre par les professeurs de ces établissements qui subissent déjà une ségrégation vis-à-vis de certains de leurs collègues du général. Elle assène un coup violent à l'image de la filière professionnelle où, ses élèves ne seraient qu'un ramassis de cancres qui passent en courant devant la porte de leur Lycée. Elle déresponsabilise un peu plus les parents et les élèves qui pourraient considérer que l'Ecole est devenu un ticket de loterie où si tu grattes au bon endroit tu gagne une récompense !

Pour les professeurs

La question que beaucoup d'enseignants de Lycées Professionnels se pose demeure : comment intéresser mes élèves au contenu de mes cours ? Si cela est moins vrai pour les enseignements « techniques », cette vérité s'impose à bon nombre de professeurs de Lettres, d'Histoire ou de Sciences. Pour remédier à cet état de fait, certains misent sur des projets collectifs qui s'étalent parfois sur une année pleine, d'autres préfèrent contourner les obstacles de leur matière en transposant le sujet à traiter par des situations vécues ou appréciées par les élèves qu'ils ont en face d'eux. Ce n'est jamais évident, mais ces enseignants apprennent avec les moyens qui leurs sont alloués à tisser une relation de proximité. Cet enseignement personnalisé leur fait souvent jouer le rôle d'assistante sociale, car ils connaissent mieux que personne la vie de leurs élèves.

Pour la filière professionnelle

L'Enseignement Professionnel a longtemps été considéré avec un œil réprobateur. C'était une forme de réceptacle pour les cancres notoires et autres fainéants sans avenir. Ces vieilles idées reçues se sont quelque peu estompées lorsqu'il y a quelques années la société s'est rendue compte que les élèves issus de l'enseignement professionnel comptaient souvent parmi les meilleures intégrations (et rapides) dans la vie active. Apprendre et se former à un métier étaient devenu des gages de réussite sociale. Réservé jadis aux enfants de familles modestes, les mieux aisés se sont progressivement tournés vers une filière qui facilite l'insertion professionnelle. Les campagnes gouvernementales en faveur de l'alternance et de l'apprentissage avaient envahies nos écrans de télévision et nos magazines.

Pour les familles et les élèves

Dans les familles modestes, le fantasme d'une école gratuite et accessible à tous s'est souvent soldé par l'impossibilité de voir leurs enfants poursuivre au-delà du secondaire. La filière professionnelle a donc permis à bon nombre d'enfants de progresser dans leurs études malgré le manque de moyens financiers de leurs familles. Il y a eu des échecs, bien sûr, mais beaucoup d'entres-eux ont fini par trouver leur place dans la vie active en faisant diverses fortunes.

Les élèves, eux, se sont répartis en plusieurs « classes ». Ceux qui échouent par manque de volonté ou d'intérêt. En dehors des autodidactes affirmés, beaucoup vivront des situations difficiles. Ceux qui sortent avec un diplôme en poche, du CAP au Bac Pro, trouveront bon an mal an un emploi avec l'espoir d'une évolution pour les plus courageux. Ceux enfin, qui auront la force ou l'envie d'aller encore plus loin en intégrant le supérieur et en augmentant ainsi, leurs chances d'accéder à des postes à plus forte responsabilité ou mieux rémunérés.

Cette idée est une fausse bonne idée. L'Enseignement ne se négocie en aucun cas. Il se doit d'évoluer en fonction des réalités sociales et des besoins locaux. Cette vérité concerne encore plus la filière professionnelle qui est liée directement aux entreprises de leur région qui reçoivent les élèves en stage et parfois, les embauche à l'issue de leur cursus.

Ce genre d'initiative est dans l'air du temps. Ni fait, ni à faire. Que reste t-il du principe d'émancipation des hommes ? Que reste t-il du refus de la paupérisation des plus modestes valorisant l'ascension sociale ? Que reste t-il d'une République qui juge ses enfants comme de simples consommateurs restant à convaincre ?

Innover et se moderniser, c'est rechercher les solutions visant à s'approcher de l'égalité de tous profitable pour tous.

Régis Sada

 

25 septembre 2009

Pourquoi une nouvelle conception de la justice française ?

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22 septembre 2009

Pourquoi l’éducation est en panne ?

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Rassurez-vous vous n'aurez pas le droit à une énième opinion sur les problèmes rencontrés dans l'Education Nationale. Il s'agit bien ici de parler de l'éducation. Celle que toute personne normalement constituée est en droit de recevoir étant enfant, d'appliquer une fois devenu adulte et de transmettre à ses propres enfants une fois le temps venu.

Allergique épidermique à toute pensée archaïque soutenant la théorie du « c'était mieux avant », quelques scènes de la vie quotidienne parisienne ont lourdement ébranlé mes convictions, et me poussent donc à m'étonner pour ne pas dire à m'épuiser.

 

Vendredi soir, sortie de bureau, direction Châtelet pour retrouver mes amis.

Une jeune fille de 25 ans environ, plutôt jolie, bien habillée, entre dans la rame de métro. J'ai droit à un premier coup de sac (mauvaise imitation Vuitton) à travers la figure. Pas d'excuses. Montée sur talons hauts (qu'elle use de manière effrontée pensant qu'elle marche en espadrilles), la princesse cause dans son portable collé à l'oreille. Merci de ne pas la déranger.

Entre deux rires, dignes d'une pintade que l'on porte à l'abattoir, j'ai le droit à une deuxième secousse de sac LV à travers la figure. Pas d'excuses, la miss discute encore avec sa cop's.

Le métro s'arrête un peu violemment, Miss Monde qui tient son portable rate la barre sensée la retenir et écrase lourdement mon pied gauche de son talon qu'elle continue à prendre pour une espadrille haute. Je pousse un cri de tarzan....La demoiselle continue sa conversation sans s'excuser.

Et là, c'est le drame ! J'avoue, au troisième coup de sac dans les gencives : j'ai craqué !

Moi : « Eh miss, ça va, je ne te dérange pas trop ? »

Elle : « Heinnnnnnnnnn qu'est qui y'a qui va pas ? »

Moi : « En 5 minutes j'ai eu le droit à trois coups de sac et à un pied écrasé.....ça commence à faire beaucoup sans excuses de ta part ! »

Elle : « Ah euhhh pardon j'avais pas senti »

Moi : « Forcément, si tu parlais un peu moins fort dans ton portable, tu pourrais entendre que les gens vivent à côté de toi ! »

Elle (parlant à sa cop's) : « Non, c'est rien, juste un mec qui me les casse.... »

Moi : « Ca va là t'es sûr ???? » (Très énervé)

Elle : « Ouais bon ça va, pardon, j'ai pas senti.... »

Moi : MOT D'INSULTE CENSURE CAR INJURIEUX ENVERS LA GENT FEMININE BIEN ELEVEE.

Elle descend tranquillement à la station suivante en me faisant un gros doigt d'honneur (boudiné le doigt).

QUE FAIRE ????

 

Samedi soir, arrivée au Forum des Halles vers 19H00.

D'humeur plutôt joyeuse, je décide de rejoindre la Porte Lescot pour retrouver l'air libre. De pas alerte en pas alerte, j'entends en fond un brouhaha de plus en plus insistant. Ayant eu connaissance de quelques échauffourées au sortir de la Techno Parade à Bastille, je reste sur mes gardes.

Arrivée presque au bas des escalators, je tombe nez à nez avec un groupe d'une trentaine de personnes, qui chante, qui hurle, qui s'invective gaiement dans un langage connu des initiés.

Les personnes souhaitant prendre les escalators ou en sortir, se trouvent rapidement bloqués et rapidement compactés comme dans une cuve de recyclage, tant ce groupe empêche toute allée et venue.

Je parviens tant bien que mal à m'infiltrer dans la file des « montants », et presque parvenu au sommet, j'entends des insultes fuser de toute part et une ambiance qui devient de plus en plus électrique. L'escalier est stoppé net en pleine montée. Un « joyeux drille » a appuyé sur le bouton d'arrêt d'urgence et bouscule tout le monde pour sauter dans la file descendante vexé par les mots des visiteurs compressés. Des coups fusent, je prends mon courage à pleines mains en choisissant l'option : « casse toi vite c'est dangereux » !

QUE FAIRE ????

 

Dimanche soir, retour de diner, ligne 1 du métro entre Etoile et Sablons

Las et fatigué par un week-end où j'ai tout vu et tout entendu, j'aspire à un brin de calme et de tranquillité avant d'aller rejoindre les bras de Morphée. Station Etoile. Un groupe de cinq jeunes punks de Neuilly (entendez fils et filles de bonne famille avec la raie sur le côté), pénètre dans le métro en hurlant. Usant d'un dialecte mixé entre beuglements sauvages et bruitages d'une guenon en pleine ovulation, les quatre Beatles dans le vent et leur copine Dalida des Champs Elysées croient téter leur goutte chez papa et maman sans se préoccuper des autres usagers de la rame.

Inutile de faire le récit de leur conversation qui relate leur soirée « au musée », bien arrosée et sans doute très distinguée.

Dalida des Champs Elysées, pourtant pas trop alcoolisée, se lance dans une diatribe visant à se moquer des têtes environnantes et à souligner dans un élan intellectuel : « ça pue grave dans le métro....y sont cons ces pauvres ! ». Ouf.....la station Sablons, notre Prix Nobel de Littérature s'éclipse en riant bruyamment.

QUE FAIRE ????

 

Mesdames, Messieurs, en un seul week-end sur un espace géographique réduit, voici trois spectacles très différents de la vie quotidienne, mettant en scène toutes les couches sociales de notre société.

En trois occasions diverses et variées, à peine exagérées, j'ai subi avec quelques compagnons d'infortune : une violence physique, morale et verbale.

Cette violence est le reflet d'une société qui s'est perdu dans un grand n'importe quoi généralisé où, c'est celui qui crie le plus fort ou celui qui frappe le plus fort, qui a raison. Cette violence est le fruit d'une carence d'éducation de certains parents vis-à-vis de leurs enfants ou d'un manque de discernement de nombreux adultes.

Cette violence est aussi sournoise que dangereuse. Sournoise, car nous en sommes tous les victimes chaque jour dans nos vies quotidiennes. Dangereuse, car elle provoque parfois une exaspération et une lassitude qui entraine des excès de colère irréparables.

La vie en société c'est comprendre que ses propres droits finissent là où ceux des autres commencent. Pour être respecté soi-même, il convient de respecter les autres. Nous ne sommes pas des animaux.

Régis Sada

 

17 septembre 2009

Pourquoi Brice Hortefeux n’est pas plus raciste que les autres ?

 

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La cabbale médiatique subie par le Ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux suite à ses propos tenus lors de l'Université d'Eté de l'UMP à Seignosse, restera comme un bon exemple de la surveillance citoyenne appliquée désormais à notre vie politique.

Quelle énergie dépensée ! Que de reportages, de démentis, de critiques et autres analyses pour tenter de décrypter la bourde de Brice de Saint-Saturnin (village du Puy-de-Dôme pour les ignares).

Brice Hortefeux a-t-il fauté ? Oui bien entendu.... Malgré de piètres séances de rattrapage, il reste difficile d'expliquer l'inexplicable. Un ministre, de l'Intérieur de surcroit, est tenu à un discours entendu et ne doit pas recourir à des raccourcis hasardeux dignes de fins de soirées bien arrosées.

 

 

Brice Hortefeux a suivi le propos de cette dame, sans doute un peu limitée, qui en pointant son doigt palmé sur le jeune Amine s'est sentie obligée de préciser au Ministre : « vous savez, il est catholique et il mange du cochon » !

Il en a bien de la chance Amine... Je ne suis pas tout à fait catholique et je digère très mal le cochon ! Je ne me sens pas moins français pour autant madame...

A l'inverse de Brice Hortefeux, je ne pense pas que (en parlant des arabes) : « Quand il y en a un ça va, c'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes ».

En revanche, je demeure convaincu que (en parlant de cette dame sans doute un peu limitée) : « Quand il y en a une, c'est gênant mais cela reste gérable. Mais c'est quand il y en a beaucoup qu'il est nécessaire d'appliquer un vaste programme de rééducation sociale et verbale».

Brice Hortefeux est-t-il raciste ? Cela ne m'intéresse guère et je ne crois pas que cela soit le cœur de toute cette polémique. Les français sont des habitués de blagues vaseuses tantôt sur nos amis belges, sur les arabes, sur les hommes politiques ou sur une classe sociale différente. Sont-t-ils tous racistes pour autant ? Non, juste un peu primaires, parfois, à la pensée limitée, souvent.

Je m'étonne en revanche que dans une Université d'Eté d'un parti qui entend défendre la diversité et la lutte contre le racisme, on laisse des gens -comme cette dame- déblatérer des crétineries contraires aux engagements affirmés.

Les gauloiseries graveleuses, tout comme les idées reçues, méritent un bon coup de balai tant elles sont nuisibles à la santé de notre société.  Si les partis politiques refusent de faire le ménage, comment pourrons-nous le faire dans la vie quotidienne ?

Régis Sada

 

11 septembre 2009

Pourquoi Florence Aubenas assure qu’avec les prisons françaises "On va droit dans le mur" ?

Le magazine l'Express publie ce vendredi un entretien de Florence Aubenas, présidente de l'Observatoire International des Prisons depuis juillet 2009. La journaliste et ex-otage en Irak tire le signal d'alarme sur la nouvelle loi pénitentiaire actuellement en débat au Parlement.

Florence Aubenas lève certains tabous en dénoncant les idées reçues, la perception des français sur leurs prisons et le volontarisme politique jugé souvent timide voire inexistant.

A lire et à commenter.

Régis Sada

 

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"On va droit dans le mur" - L'EXPRESS par François Koch, publié le 11/09/2009

La journaliste Florence Aubenas, ex-otage en Irak, s'engage dans le combat des droits de l'homme en détention. Elle critique avec virulence le projet de loi pénitentiaire que va examiner l'Assemblée nationale. Entretien exclusif.

Attendu depuis plusieurs décennies, le projet de loi pénitentiaire répond avant tout aux exigences des instances européennes, jugeant que les prisons françaises imposent aux détenus des conditions de vie dégradantes. Bien qu'amélioré par le Sénat en mars dernier, le texte demeure critiqué par des associations, des syndicats de magistrats, d'avocats et de surveillants. Pourtant, la nouvelle ministre de la Justice, Michèle Alliot-Marie, affirme aussi qu'il faut humaniser les établissements et mieux préparer la réinsertion des délinquants pour lutter contre la récidive. Les divergences portent sur la méthode et les moyens. Elue le 2 juillet 2009 présidente de l'Observatoire international des prisons, Florence Aubenas tente de peser dans le débat.

Pourquoi avoir accepté la présidence de l'Observatoire international des prisons?

Depuis le début des années 1990, les prisons sont évoquées avec les mêmes termes: surpopulation et droits de l'homme bafoués. Depuis deux décennies, j'observe cette situation comme journaliste: rien ne change. Je perçois même une régression. Avec une opinion publique qui ne se sent pas concernée par les droits de l'homme en prison. A la tête d'un contre-pouvoir comme l'OIP, sans couleur partisane, j'espère contribuer à faire bouger les choses.

Le fait d'avoir connu la détention est-il un atout?

La condition d'otage en Irak n'est pas comparable à celle d'un détenu dans une prison française. C'est un autre univers: j'étais dans le noir, enchaînée toute la journée, dans l'incertitude quant à l'avenir.

Et la célébrité?

En rentrant d'Irak, je suis devenue célèbre en l'espace d'une minute. Un choc. Ça me trouble toujours. J'ai d'abord mis cette notoriété au service des innocents d'Outreau. L'utiliser maintenant pour le combat des droits de l'homme en détention me va bien. Même si c'est un domaine où il y a surtout des coups à prendre. Je reçois déjà des courriers: "Les prisonniers font la grasse matinée devant la télé alors que les SDF meurent dehors!"

Pourquoi critiquez-vous le projet de loi pénitentiaire?

La France fait cette loi parce qu'elle a trente ans de retard. On s'est contenté de répéter: "Puisqu'on est la patrie des droits de l'homme, tout va très bien chez nous." Du coup, nous nous sommes fait lourdement taper sur les doigts par les instances européennes. Pourtant, ce projet ne leur répond qu'en apparence. C'est un texte essentiellement bavard. Trois exemples:

1. Il est rappelé que la prison punit et réinsère. Or une règle européenne impose déjà à l'administration pénitentiaire (AP) de proposer aux détenus une activité (éducation, formation professionnelle, travail...). Le projet de loi renverse l'obligation: le prisonnier est contraint d'accepter l'activité offerte par l'AP, mais cette dernière n'est pas tenue de proposer quoi que ce soit.

2. La Cour européenne des droits de l'homme a souvent condamné la France pour sa pratique humiliante et dégradante des fouilles répétitives sur les détenus. Certains d'entre eux doivent baisser leur slip sept fois par jour. La nouvelle loi n'empêchera pas ces abus de perdurer.

3. Les députés vont signer un chèque en blanc. Les détenus étant différents les uns des autres, toutes les peines devraient être gérées de manière spécifique. La nouvelle loi s'inspire de cette idée, mais ne l'exploite pas jusqu'au bout, puisqu'elle veut officialiser une gestion à deux vitesses où les détenus sont séparés en deux groupes: les gentils et les méchants, avec des conditions de vie très différentes. Quels seront les critères de répartition? La loi renvoie à un décret. Sans préciser si les détenus auront le droit de contester la décision de l'AP. Au lieu de réduire l'arbitraire, la loi va l'augmenter.

Les sénateurs ont amélioré le projet concernant la règle "un détenu par cellule".

Oui. Ce principe inscrit dans une loi en 1875 n'est toujours pas appliqué! Ce qui est tout à fait révélateur de l'efficacité des textes sur la prison... Le projet renonçait à l'application de ce droit, en raison du manque de places. Heureusement, les sénateurs n'ont pas accepté ce recul et ont inséré un moratoire de cinq ans pour réduire la surpopulation carcérale. De manière assez perverse, le gouvernement affirme qu'aucun détenu ne demande à être seul. C'est vrai, parce que les prisonniers savent que la réponse sera toujours négative. Ou alors qu'ils seront transférés dans un établissement loin de leur famille.

Espérez-vous une amélioration du projet par les députés?

Non, au contraire. Sur les libertés et les droits fondamentaux, les sénateurs sont plus ouverts que les députés. Ces derniers sont tétanisés par la pression sécuritaire: "Il ne faut pas relâcher les assassins d'enfants", leur disent des gens, sur les marchés.

Pourquoi les politiques, de droite comme de gauche, ne prennent-ils pas le problème à bras-le-corps?

Parce que, selon eux, ce n'est jamais le moment. Ils sont angoissés à l'idée de passer pour laxistes. Les politiques veulent bien aller voir l'excellent film de Jacques Audiard Un prophète, mais pas mettre leur nez dans la vraie prison et voir la réalité en face.

Que devraient-ils expliquer à leurs électeurs?

Lorsque l'on humilie les détenus, en les traitant de manière indigne, avec parfois six personnes dans une seule cellule, sans cloison pour les toilettes, sans les protéger contre la violence, ils sortent plus abîmés qu'ils ne l'étaient en entrant. Des rapports officiels soulignent que les cours de promenade sont des zones de non-droit, où la sécurité n'est pas assurée et où règnent la loi du plus fort et les trafics. C'est la spirale de la récidive vers une société plus violente. Quand je débats avec des policiers et des magistrats, ils disent plus fort que moi: "La prison est criminogène."

Mais les juges ne prononcent pas moins de peines de prison.

"On n'a pas trouvé mieux", disent-ils par fatalisme. Du coup, il y a 62 420 détenus pour 53 323 places. Et la surpopulation augmente, avec son lot de matelas à même le sol des cellules. Les projets de construction d'établissements ne sont pas la solution. Faute d'une vraie réflexion, le gouvernement se contente, en douce, de mettre en place un "petit robinet" pour faire sortir des détenus et éviter l'explosion: la loi va permettre aux prisonniers d'être libérés avec un bracelet électronique s'il ne leur reste que quatre mois de détention à effectuer. Mais ce type de mesures collectives, une grâce déguisée, produira encore plus de récidives. Parce que l'on balancera les détenus dehors, sans préparation, sans logement ni travail. Prenons conscience de ce que sont les prisons: une folie. On va vers une catastrophe, droit dans le mur, et la nouvelle loi ne fait rien pour l'éviter.

Votre association est perçue par les pouvoirs publics comme hostile à l'existence des prisons. Est-ce vrai?

Nous ne sommes pas d'irresponsables gauchistes rêvant de la suppression des prisons. Nous disons simplement la même chose que les instances européennes: l'incarcération ne doit être qu'une sanction de dernier recours. Et aucune sortie ne devrait se faire sans préparation, ce qui n'est pas le cas, faute de moyens. Se contenter d'enfermer entre quatre murs des délinquants ne les métamorphose pas en honnêtes gens. C'est la "honte de la République", a déclaré Nicolas Sarkozy. Il serait temps de passer du discours aux actes.